Projet à 1,6 milliard de dollars : les communautés panaméennes s'opposent à l’agrandissement du canal devant la Cour suprême
Projet à 1,6 milliard de dollars : les communautés panaméennes s'opposent à l’agrandissement du canal devant la Cour suprême

Des communautés rurales panaméennes ont saisi jeudi la Cour suprême pour contester la légalité du projet d’extension du canal de Panama, estimé à 1,6 milliard de dollars, qui prévoit la construction d’un nouveau réservoir d’eau massif dans la région du Rio Indio. À l’initiative de la Coordinadora Campesina por la Vida, les habitants dénoncent une opération inconstitutionnelle menaçant leurs droits et leur environnement.

Le projet, porté par l’Autorité du canal de Panama (ACP), vise à accroître la capacité de transit des navires jusqu’à 15 passages par jour pendant la saison sèche, tout en répondant à la demande croissante en eau potable de la population nationale. L’ACP justifie cette expansion par la sécheresse qui a gravement limité le trafic maritime entre 2023 et 2024, causant d’importantes pertes économiques pour le pays.

Cependant, le plan implique le déplacement d’au moins 2 500 personnes vivant sur les terres visées par la construction du réservoir. Selon les plaignants, ce déplacement forcé porte atteinte à plusieurs droits fondamentaux, notamment les droits humains, le droit à la terre et les engagements environnementaux internationaux ratifiés par le Panama.

Les résidents concernés affirment qu’il existe des solutions alternatives au projet actuel, notamment la modernisation d’infrastructures hydrauliques existantes, qui permettraient d’améliorer la gestion de l’eau sans provoquer de relocalisations massives. Malgré cela, l’ACP poursuit ses démarches, arguant que le Rio Indio reste le site le plus viable d’un point de vue hydrologique.

La plainte déposée demande à la Cour de déclarer le projet inconstitutionnel sur six fondements juridiques. Parmi les griefs, les requérants pointent l’absence de consultation préalable des communautés affectées et le risque d’atteinte irréversible à l’écosystème local.

Alors que les tensions s’intensifient, la question du développement du canal de Panama — artère vitale du commerce mondial — se heurte à un dilemme de plus en plus pressant entre intérêts économiques stratégiques et respect des droits des populations locales.

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