Un événement consacré aux droits LGBTQ prévu au Sénégal a été annulé vendredi par les Nations Unies et l’ambassade des Pays-Bas, à la suite d’un avertissement sévère émis par le gouvernement sénégalais. Cette décision illustre la persistance de tensions sur les questions de droits humains dans une région où l’homosexualité demeure criminalisée.
Selon un communiqué du ministère sénégalais des Affaires étrangères publié sur le réseau social X (anciennement Twitter), les autorités avaient été informées de l’organisation prochaine d’une projection de film suivie de discussions sur les enjeux LGBTQI, en partenariat avec l’ONU et la diplomatie néerlandaise. Le gouvernement a immédiatement condamné cette initiative, dénonçant une tentative de « promotion du phénomène LGBTQI ».
Le communiqué prévient que le Sénégal se réserve le droit de prendre des mesures contre les organisateurs et les participants à ce type d’événement, « quels que soient leurs origines, leur statut ou leur rang ». Le ministère a également rappelé que les missions diplomatiques et organisations internationales doivent respecter les lois et les normes locales.
Le porte-parole du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme, Seif Magango, a confirmé à Reuters que l’événement avait été annulé, tout en précisant que le dialogue restait ouvert avec les autorités sénégalaises. De son côté, le ministère néerlandais des Affaires étrangères a déclaré que, tout en défendant « les droits de l’homme et l’égalité de traitement », il avait décidé d’annuler la rencontre « compte tenu de divers facteurs ».
Le Sénégal maintient dans son code pénal des lois réprimant les relations homosexuelles, avec des peines pouvant aller jusqu’à cinq ans d’emprisonnement. En 2022, une tentative parlementaire de durcissement de ces sanctions avait été rejetée, au motif que la législation actuelle suffisait à interdire de telles pratiques.
Cette annulation survient alors qu’un projet de loi anti-LGBTQ encore plus restrictif refait surface au Ghana voisin, dans un climat régional de pression accrue sur les droits des minorités sexuelles. Au Sénégal, cette affaire relance les débats sur la marge de manœuvre des diplomaties étrangères et des organisations internationales face aux normes locales hostiles à l’inclusion et à la diversité.