LONDRES, 7 août 2025 — Une nouvelle révélation historique remet en lumière les liens étroits de la monarchie britannique avec l’esclavage, alimentant les appels à une reconnaissance plus explicite et à des excuses officielles. Selon des recherches menées par Désirée Baptiste, chercheuse indépendante spécialisée dans le colonialisme, le roi George IV a personnellement tiré profit du travail d’esclaves sur des plantations à la Grenade au début du XIXe siècle.
Un document d’archives daté de 1823-1824, découvert aux Archives nationales de Londres, montre qu’un paiement de 1 000 livres sterling — l’équivalent de plus de 103 000 livres aujourd’hui — a été versé à George IV. Cette somme provenait des revenus de deux domaines appartenant à la Couronne sur l’île caribéenne, où des centaines d’esclaves étaient exploités. Ces fonds auraient contribué à financer le train de vie luxueux du souverain.
Les conclusions de Baptiste ont été validées par deux universitaires reconnus dans le domaine : le professeur Edmond Smith de l’Université de Manchester et le Dr Nick Draper, fondateur du projet « Legacies of British Slave-ownership » de l’University College de Londres. Ces travaux s’inscrivent dans une dynamique de plus en plus insistante au Royaume-Uni, visant à exposer les ramifications profondes de l’esclavage dans les institutions historiques du pays, y compris la monarchie.
Ces révélations interviennent dans un contexte de remise en question croissante du rôle de la royauté dans le passé colonial britannique. Si la famille royale a exprimé à plusieurs reprises des « regrets » pour les souffrances causées par l’esclavage, elle s’est jusqu’ici abstenue de présenter des excuses formelles ou d’évoquer des mesures de réparation. La pression s’intensifie désormais pour que le roi Charles III engage une démarche plus proactive, notamment à l’égard des nations caribéennes.
Désirée Baptiste, dont les racines familiales remontent à la Grenade, affirme que ces preuves rendent incontestable la participation directe de la monarchie à l’exploitation coloniale. Elle espère que ces nouvelles informations encourageront un débat public plus franc et mèneront à une « justice historique » pour les descendants des personnes réduites en esclavage.