La police hongroise a annoncé jeudi l’interdiction de la prochaine marche des fiertés de Budapest, prévue le 28 juin, invoquant la protection des enfants comme motif principal. Cette décision fait suite à une nouvelle loi controversée adoptée en mars par le Parlement hongrois, dominé par le parti Fidesz du Premier ministre Viktor Orban, qui autorise désormais les autorités à interdire des événements LGBTQ+ et à recourir à la reconnaissance faciale pour identifier les participants.
La mesure a été vivement critiquée par le maire de Budapest, Gergely Karácsony, qui a rappelé que la marche était un événement municipal ne nécessitant pas d’autorisation préalable. Il a dénoncé une atteinte aux libertés publiques et a affirmé que la mairie soutenait le droit de manifester pour l’égalité et les droits des minorités.
L’interdiction s’inscrit dans un climat politique de plus en plus hostile envers les communautés LGBTQ+ en Hongrie. Depuis plusieurs années, le gouvernement Orban multiplie les lois restreignant la visibilité et les droits des personnes LGBTQ+, notamment en interdisant la diffusion de contenus liés à l’homosexualité auprès des mineurs et en limitant les possibilités de changement d’état civil pour les personnes transgenres.
Les organisateurs de la Budapest Pride, qui se tient depuis 1997, ont dénoncé une tentative de censure politique. Ils ont annoncé leur intention de contester la décision devant la justice et ont appelé à des manifestations alternatives.
L’interdiction de la marche, qui attire chaque année des milliers de personnes, intervient alors que la Hongrie continue de faire l’objet de procédures d’infraction de la part de l’Union européenne pour atteinte aux droits fondamentaux. Plusieurs ONG et institutions européennes ont déjà exprimé leur inquiétude face à l’érosion de l’état de droit et au recul des libertés en Hongrie.