À Canberra, capitale de l’Australie située dans le Territoire de la capitale australienne, une proposition de réforme législative suscite de vifs débats. Le gouvernement envisage de rendre obligatoire un minimum de trois heures d’interaction quotidienne entre les propriétaires et leurs chiens, dans le but de garantir leur bien-être émotionnel et mental.
Une loi pour des chiens « socialement épanouis »
Cette réforme fait partie d’un projet plus large visant à remplacer le Code de pratique pour le bien-être des chiens de 2010, jugé dépassé par les autorités locales et les défenseurs des droits des animaux. La proposition est ouverte à consultation publique jusqu’au 22 août 2025.
Selon Rhiannon Kwateng, porte-parole de la RSPCA Australia, cette initiative s’appuie sur des données scientifiques de plus en plus nombreuses. Elle déclare : « Les chiens sont des animaux profondément sociaux ; ils ressentent des émotions complexes et ont besoin de stimulation mentale autant que de nourriture ou d’un abri. »
Le texte prévoit également l’interdiction de l’ablation des cordes vocales, une pratique parfois utilisée pour empêcher les aboiements, ainsi qu’une réglementation plus stricte sur l’usage des laisses extensibles, jugées dangereuses dans certaines situations urbaines.
Une reconnaissance juridique de la sensibilité animale
Cette proposition s’inscrit dans la continuité d’une politique pionnière adoptée en 2019 dans le Territoire de la capitale australienne, où les animaux sont reconnus légalement comme des êtres sensibles. Le territoire avait déjà interdit certaines formes d’élevage intensif, et introduit des amendes sévères en cas de maltraitance ou de négligence.
Le ministère des Services urbains et de l’environnement du Territoire affirme que la réforme vise à aligner la législation sur les dernières connaissances en matière de bien-être animal.
Une proposition jugée irréaliste par une partie de la population
Mais la mesure divise fortement. Pour de nombreux citoyens et commentateurs, elle semble excessive, voire inapplicable dans la vie quotidienne. Certains s’interrogent sur la faisabilité pratique d’un tel contrôle :
« Faudra-t-il sortir le chien pendant trois heures ou simplement être dans la même pièce ? Qui va mesurer le temps ? Et que faire des personnes qui travaillent à temps plein ? », s’interroge un habitant de Canberra.
Une autre résidente va plus loin en dénonçant une hiérarchie des priorités inadaptée : « Est-ce qu’ils se soucient autant du contact humain pour les sans-abri ? »
Les opposants à la réforme estiment que le gouvernement ferait mieux de concentrer ses efforts sur des problèmes sociaux plus urgents, comme le logement, la santé mentale ou le coût de la vie.
Vers un cadre plus strict pour tous les propriétaires d’animaux
Les partisans de la loi rétorquent que ce type de législation pourrait devenir un modèle national. Certaines associations de protection animale, comme Animal Defenders Office et Voiceless, appellent à une réforme structurelle du droit des animaux à travers l’Australie, dans un pays où plus de 40 % des foyers possèdent au moins un chien.
La consultation publique est toujours en cours, et les résultats pourraient entraîner des modifications importantes du texte. S’il est adopté, Canberra deviendrait l’une des premières juridictions au monde à imposer un temps minimum d’interaction quotidienne obligatoire entre humains et chiens.