De l'enfer de Gaza à la douceur bretonne : vingt-trois ânes trouvent enfin la paix
De l'enfer de Gaza à la douceur bretonne : vingt-trois ânes trouvent enfin la paix

Cabossés par une vie de labeur, marqués par la guerre, vingt-trois ânes venus d’Israël et de Gaza ont trouvé refuge à Langonnet, dans le Morbihan. Arrivés la semaine dernière au Refuge des oubliés, ces animaux brisés physiquement et psychologiquement entament leur dernière étape de vie, loin des sévices subis au Proche-Orient.

Un périple éprouvant, une renaissance fragile

Arrachés à la misère et à la violence, les équidés ont traversé les continents : envol depuis Tel Aviv, escale à Liège, puis direction la Bretagne par la route. Leur arrivée au refuge a d’abord suscité un soulagement – ils étaient tous en vie – puis une stupeur devant leur état : regards vides, yeux crevés, cicatrices profondes, pattes déformées. « Jamais je n’ai vu une telle horreur », confie Cynthia Jouglas, fondatrice du refuge, pourtant aguerrie à la détresse animale. Ces ânes étaient utilisés comme bêtes de somme jusqu’à l’épuisement, mal nourris, privés de soins, puis abandonnés ou vendus à des trafiquants. En Israël comme dans la bande de Gaza, la guerre n’a fait qu’aggraver leur sort. Sharon Cohen, vétérinaire et fondatrice du refuge Starting Over Sanctuary près de Tel Aviv, en a recueilli jusqu’à 1 200. Débordée, elle a lancé dès 2022 un appel à l’aide vers l’Europe.

En Bretagne, l’équipe du Refuge des oubliés s’efforce de les acclimater 

De l’herbe sous leurs sabots pour la première fois, un espace protégé pour les vermifuger, des soins pour leurs dents et leur arthrose. « Ils ne pourront jamais être replacés. Alors on fera tout pour qu’ils vivent ici, enfin en paix », insiste Cynthia Jouglas, qui lance un appel aux dons et aux parrainages pour accompagner ces ânes jusqu’au bout. Sans prendre parti dans le conflit, la responsable assume de consacrer ses efforts à cette cause animale. « On me dit qu’il faudrait sauver des enfants. Mais moi, je sauve ce que je peux », lâche-t-elle. Chez les ânes rescapés, un début de sérénité semble poindre. Ils restent groupés dans leur pré, observateurs mais apaisés. Après une vie d’exploitation, ils découvrent enfin ce que signifie être à l’abri.

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