Seize ans après la mort de Krisztina Rády, épouse de Bertrand Cantat, de nouveaux éléments issus des premiers procès-verbaux rédigés le jour du drame interrogent. Selon une information de RTL, plusieurs documents établis le 10 janvier 2010 à Bordeaux mentionnent des marques décrites comme des “ecchymoses” sur le visage de la jeune femme, retrouvée pendue au domicile familial.
Ce terme, répété dans plusieurs documents consultés par RTL, soulève une question essentielle : s’agissait-il de traces pouvant évoquer des coups portés avant la mort, ou d’une erreur de vocabulaire dans la rédaction des premières constatations ?
Un mot lourd de sens : “ecchymose”
Le terme “ecchymose” n’est pas neutre. Dans le langage courant, il renvoie à un bleu, à une marque pouvant résulter d’un choc. C’est précisément ce qui rend son apparition dans les premiers procès-verbaux particulièrement troublante. D’après RTL, ces mentions apparaissent dans deux documents rédigés après les premières constatations sur place. Elles décrivent notamment une marque bleuâtre au niveau de la pommette droite de Krisztina Rády.
Une enquête rouverte dans la discrétion
Ine enquête a été rouverte par le parquet de Bordeaux en juillet 2025 afin de faire la lumière sur les circonstances exactes de la mort de Krisztina Rády. RTL rappelle que, depuis cette réouverture, les investigations se poursuivent dans la plus grande discrétion. L’objectif est de vérifier si les éléments du dossier initial permettent de confirmer la thèse retenue à l’époque ou s’ils justifient de nouvelles investigations.
L’ancien commissaire reconnaît une erreur de langage
RTL a retrouvé Jean-Marc André, ancien commissaire aujourd’hui retraité, qui avait été chargé des constatations au domicile de Bertrand Cantat le jour du décès. Il se souvient avoir été de permanence ce jour-là. À son arrivée, des collègues de la sécurité publique étaient déjà sur place et avaient rédigé un premier procès-verbal mentionnant une ecchymose sur le visage de Krisztina Rády.
Interrogé par RTL, l’ancien policier estime aujourd’hui qu’il s’agissait d’une erreur de vocabulaire. Selon lui, le mot “ecchymose” aurait été employé à tort et ne désignerait pas nécessairement une trace de coup portée avant la mort. Plutôt bizarre…
“Je me suis également trompé”
Confronté à son propre procès-verbal, Jean-Marc André reconnaît lui-même avoir utilisé ce terme. Il admet donc une formulation problématique, tout en défendant l’idée qu’il ne s’agissait pas d’un indice de violences. Selon lui, ces marques auraient pu être des traces post mortem, liées au décès par pendaison. Il affirme aussi que le médecin légiste présent sur place avait écarté l’hypothèse de coups portés avant la mort.
Une version contestée par les militantes féministes
Pour Yael Mellul, présidente de l’association féministe Femme Libre, qui s’est mobilisée pour la réouverture du dossier, ces mentions sont au contraire essentielles. Elle juge important que le parquet de Bordeaux examine précisément ces procès-verbaux et clarifie la signification de ces marques. À ses yeux, l’emploi du mot “ecchymose” ne peut pas être balayé comme un simple détail de langage.
Pour rappel, au moment de la mort de Krisztina Rády, Bertrand Cantat était toujours sous contrôle judiciaire après avoir été condamné pour la mort de Marie Trintignant. La présence de marques décrites comme des ecchymoses dans les premiers PV prend donc une résonance particulière, même si aucune conclusion judiciaire nouvelle n’a pour l’instant été rendue publique.
Entre trace post mortem et indice troublant
Toute la question est désormais là : les marques relevées sur le visage de Krisztina Rády étaient-elles de simples traces apparues après la mort, mal désignées dans les procès-verbaux, ou peuvent-elles révéler un élément plus grave ? À ce stade, RTL rapporte que l’ancien commissaire défend la première hypothèse : celle d’une erreur de langage. Mais le fait que ce mot apparaisse dans plusieurs documents continue d’alimenter les interrogations et les doutes…