« Urchin » - Harris Dickinson explore la rue et l’addiction dans son premier film
« Urchin » - Harris Dickinson explore la rue et l’addiction dans son premier film

En salles le 11 février 2026, Urchin marque les débuts de Harris Dickinson à la réalisation, après une carrière d’acteur déjà bien installée. Présenté à Cannes en 2025 dans la section Un Certain Regard, ce drame suit Mike, un trentenaire à la rue à Londres, happé par ses addictions et par une violence qu’il n’arrive pas toujours à contenir. Après un passage en prison, il tente une nouvelle fois de se réinsérer, avec l’aide des services sociaux, dans un quotidien qui ne laisse que peu de place au répit.

Un film né d’un regard sur la marginalité et l’addiction

Pour écrire Urchin, Harris Dickinson s’est appuyé sur des situations observées dans sa vie, et sur son expérience de bénévole auprès d’associations aidant les personnes sans-abri, explique-t-il dans une interview à Trois Couleurs. Il dit avoir voulu raconter l’addiction et les comportements destructeurs sans les réduire à des “cas”, en interrogeant aussi la manière dont la société les regarde. L’intensité des liens dans la rue est au cœur du récit : Dickinson résume ces relations comme des attachements très forts, souvent durs, où l’on se dispute autant qu’on se protège, toujours d’après Trois Couleurs.

Le film met aussi en scène Nathan, un autre sans-abri qui sert de miroir à Mike, à la fois compagnon d’infortune et figure instable. Dickinson raconte à Trois Couleurs qu’il n’avait pas prévu de jouer dans son propre film, mais que l’acteur initialement choisi pour Nathan s’est désisté à quelques jours du tournage. Après des auditions, il a finalement endossé le rôle, estimant être celui qui le connaissait le mieux puisqu’il l’avait écrit.

Cannes, prix d’acteur et un réalisme traversé de mystère

Côté reconnaissance, Urchin a obtenu le prix du meilleur acteur Un Certain Regard à Cannes 2025 pour Frank Dillane, selon France Télévisions, et le film a aussi remporté le Grand Prix au Biarritz Film Festival – Nouvelles Vagues, rapporte également France Télévisions. À l’écran, Dillane incarne un personnage fragile, beau et imprévisible, dont le passé reste volontairement en creux, tandis que le film s’attarde sur la mécanique des rechutes et l’épuisement de la survie quotidienne.

La mise en scène revendique un ancrage proche du documentaire, mais s’autorise des échappées plus oniriques, comme des trouées dans la réalité, note France Télévisions. Dickinson explique à Trois Couleurs avoir voulu dépasser le strict drame social britannique, en ajoutant une dimension plus “cinématographique” et plus libre, jusqu’à flirter parfois avec le fantastique. Pour nourrir l’équipe, il cite à Trois Couleurs des projections de références variées, de Sans toit ni loi à Les Amants du Pont-Neuf, et insiste sur l’idée de s’inspirer sans reproduire. Résultat : un premier film qui observe la rue au plus près, tout en cherchant, par la musique et la mise en scène, à faire sentir ce qui se joue dans la tête de son héros.

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