Le Louvre se retrouve sous le feu d’une commission d’enquête parlementaire sur la sécurité des musées, créée après le cambriolage du 19 octobre 2025 et le vol de joyaux de la Couronne française. À mi-parcours de leurs travaux, ses responsables jugent que le musée cumule les dysfonctionnements et réclament un pilotage plus serré, au point d’annoncer l’audition prochaine de sa présidente, Laurence des Cars, et de la ministre de la Culture, Rachida Dati, selon l’AFP reprise par Le Monde.
Une commission qui dénonce une gestion « défaillante »
Après plus de soixante-dix auditions, Alexandre Portier (LR), président de la commission, a estimé en conférence de presse que le cambriolage n’était pas un simple fait divers mais le symptôme de failles profondes, parlant de « défaillances systémiques » et d’un « déni des risques », selon l’AFP. Le député a aussi accusé l’institution d’avoir pris une autonomie excessive, allant jusqu’à affirmer que le Louvre était devenu un « État dans l’État ».
Le rapporteur Alexis Corbière (ex-LFI) a, lui, décrit le musée comme un « cas particulier » dans le paysage culturel, critiquant l’existence d’une « hyperprésidence » absente d’autres établissements et qui aurait contribué au report d’un schéma directeur de sûreté, selon l’AFP. Dans ce contexte, Alexandre Portier a annoncé qu’il entendrait Laurence des Cars le mercredi 25 février 2026, en s’interrogeant publiquement sur son maintien en poste au vu de la « tempête » actuelle. Nommée en 2021 par Emmanuel Macron, la présidente du Louvre avait proposé sa démission au lendemain du cambriolage, démission refusée par la ministre.
La tutelle visée : Rachida Dati appelée à « reprendre la main »
Les deux députés ont également pointé la responsabilité du ministère de la Culture, accusé de ne pas avoir suffisamment exercé son rôle de supervision, selon l’AFP. La ministre Rachida Dati devra s’en expliquer devant la commission le lundi 23 février 2026 après-midi, ont indiqué ses responsables. Alexandre Portier a plaidé pour un contrôle renforcé, rappelant qu’environ un tiers du budget du Louvre – autour de 300 millions d’euros – proviendrait de fonds publics, et évoquant « urgence » à rétablir un « pilotage fort ».
Autre angle soulevé pendant ce bilan : les conséquences concrètes de l’après-cambriolage. Alexis Corbière a regretté qu’une consigne attribuée à la tutelle ait conduit à retirer des œuvres des espaces d’exposition ; depuis le 19 octobre 2025, des pièces jugées importantes seraient « rangées dans les coffres-forts » pour limiter le risque de vol, a-t-il déclaré selon l’AFP. En parallèle, le climat social reste tendu : mobilisés depuis mi-décembre 2025 pour leurs conditions de travail, les personnels ont maintenu leur préavis sans revoter une grève, et la direction a indiqué que le musée avait « ouvert partiellement ».