La célèbre dessinatrice britannique Posy Simmonds, récompensée du Grand Prix du Festival d’Angoulême en 2024, est mise à l’honneur cette année à travers une exposition inédite intitulée Herself. Présentée au musée des Beaux-Arts d’Angoulême du 30 janvier au 16 mars 2025, cette rétrospective plonge le public dans l’univers de l’autrice, dévoilant ses carnets de croquis, des dessins méconnus et des influences littéraires marquantes. De Tamara Drewe à Gemma Bovery, l’œuvre de Simmonds mêle satire sociale et analyse psychologique, offrant un regard subtil et critique sur la société britannique. « Jusqu’ici, tout ça était dans mon imagination », confie-t-elle à Franceinfo Culture, ravie de voir son processus créatif exposé au grand jour.
De retour à Angoulême après son sacre absent de l’an dernier, Simmonds évoque son attachement au festival, qu’elle fréquente depuis les années 1980. Elle salue l’évolution de l’événement, bien qu’elle rappelle son passé de « boys club », où les femmes peinaient à s’imposer. La victoire d’Anouk Ricard en 2025, après son propre prix en 2024, marque selon elle une avancée vers une meilleure représentation des autrices dans le monde de la bande dessinée. Elle se remémore aussi des rencontres marquantes, notamment avec Claire Bretécher, dont l’humour mordant et l’acuité sociale résonnaient avec son propre travail.
À 79 ans, l’artiste continue de scruter son époque avec la même acuité. Elle prépare un nouveau roman graphique, situé dans une époque « avant la minijupe, avant la pilule, avant les Beatles », selon ses propres mots. Observatrice infatigable, elle puise toujours son inspiration dans la vie quotidienne, captant les nuances du langage et des comportements. « Autrefois, je dessinais très vite sous pression, maintenant, c’est différent… mais je dessine toujours », confie-t-elle. Son œuvre, entre chronique littéraire et satire sociale, demeure une référence incontournable du roman graphique.