La 18e édition du Hellfest, qui se tiendra du 19 au 23 juin à Clisson, en Loire-Atlantique, est au cœur d’une vive controverse. En cause : la présence de plusieurs artistes au passé judiciaire ou aux propos jugés problématiques, notamment le batteur norvégien Bård Eithun, condamné dans les années 1990 pour un meurtre homophobe.
Un meurtrier sur scène et des appels à la déprogrammation
Bård Eithun, connu sous le pseudonyme de Faust, se produira cette année avec le groupe Blood Fire Death. En 1992, alors âgé de 18 ans, il avait poignardé à 37 reprises un homme homosexuel dans un parc de Lillehammer, en Norvège. Condamné à 14 ans de prison pour ce crime, il avait également participé à des incendies d’églises aux côtés du musicien Varg Vikernes, proche de l’extrême droite. Libéré en 2003, il n’a depuis exprimé aucun regret public. “Les méfaits que j’ai commis sont derrière moi”, a-t-il déclaré à Mediapart, refusant de commenter davantage l’affaire.
Cette position choque les associations LGBTQIA+. Pour Victor Martin, secrétaire de l’association Qui Nous Aime Nous Suive, interrogé par Ouest-France, “sa venue est une insulte à toutes les victimes d’actes anti-LGBTQIA+”. L’organisation a exigé la déprogrammation du musicien et des excuses officielles du festival. Les animateurs du podcast Hell Bent For Metal, dédié aux questions LGBTQ+ dans la scène metal, ont eux aussi dénoncé une “caution implicite” donnée par les organisateurs à ses actes passés.
D’autres artistes controversés dans la programmation
Le nom de Faust n’est pas le seul à susciter la polémique. Le chanteur allemand Till Lindemann, membre du groupe Rammstein et présent cette année en solo, avait été accusé en 2023 d’avoir agressé sexuellement plusieurs fans, dans le cadre d’un système de recrutement lors de ses tournées. Si l’enquête ouverte à Berlin a été classée sans suite faute de preuves, les journalistes de Der Spiegel avaient mis en lumière une organisation jugée inquiétante, dans laquelle des femmes étaient conduites en coulisses après les concerts.
Autre invité problématique selon plusieurs médias, le chanteur américain Ronnie Radke, leader de Falling in Reverse. Déjà condamné pour des violences dans le cadre d’une affaire de meurtre en 2006, il a également été reconnu coupable de violences contre son ex-compagne en 2014. Plus récemment, il a tenu des propos transphobes sur les réseaux sociaux, affirmant notamment sur X en septembre 2024 qu’“être trans est devenu une mode”.
Face à ces critiques, le directeur du Hellfest, Benjamin Barbaud, a répondu dans Le Parisien : “Je ne suis pas juge, mais directeur et programmateur de festival. J’invite les artistes que les gens ont envie de voir”. Malgré la controverse, le festival affiche complet avec près de 60 000 visiteurs attendus chaque jour. Parmi les têtes d’affiche figurent Korn, Muse, Linkin Park, Scorpions et Eagles of Death Metal.