Dimanche 2 mars, Adrien Brody a marqué les Oscars 2025 en remportant la statuette du meilleur acteur pour son rôle dans The Brutalist de Brady Corbet. Mais plus encore que sa victoire, c’est son discours qui a retenu l’attention : l’acteur a prononcé la tirade la plus longue de l’histoire des Oscars, battant un record vieux de plus de 80 ans.
Dès son arrivée sur scène, Brody a promis d’être bref, mais ses remerciements se sont éternisés sur cinq minutes et 40 secondes, dépassant de dix secondes le précédent record établi en 1943 par l’actrice britannique Greer Garson, selon le Guinness World Records. C’est justement après ce long discours que l’Académie avait instauré des règles limitant le temps de parole des lauréats, en utilisant la musique pour les inciter à quitter la scène. Pourtant, cette année, Adrien Brody n’a pas hésité à interrompre l’orchestre en lançant : « Laissez-moi finir, s’il vous plaît ».
Au fil de son monologue, l’acteur a exprimé sa gratitude envers le réalisateur Brady Corbet, ses partenaires de jeu Guy Pearce et Felicity Jones, ainsi que sa famille et sa compagne Georgina Chapman. Mais son discours a aussi pris une tournure plus engagée, en résonance avec The Brutalist, un drame de 3h30 racontant l’histoire d’un architecte hongrois, survivant de l’Holocauste, qui tente de reconstruire sa vie aux États-Unis après la Seconde Guerre mondiale. « Je suis encore ici pour un rôle qui incarne les séquelles de la guerre, l’antisémitisme, le racisme et la peur de l’autre », a déclaré Brody, déjà oscarisé en 2003 pour Le Pianiste. Il a conclu en appelant à « un monde plus inclusif et à ne jamais laisser la haine se répandre », un message qui a semblé faire écho aux tensions politiques actuelles aux États-Unis.
Un autre moment inattendu a marqué la soirée : juste avant de monter sur scène, Adrien Brody a discrètement lancé son chewing-gum à sa compagne, un geste spontané qui a amusé les téléspectateurs et sur lequel il est revenu le lendemain sur ABC : « J’ai oublié que j’en avais un en bouche, il fallait bien que je m’en débarrasse ! »