Depuis cinq siècles, la question obsède historiens et curieux : Léonard de Vinci repose-t-il vraiment dans la chapelle Saint-Hubert du château d’Amboise, où une tombe porte son nom depuis 1874 ? Mort en 1519, le maître avait demandé à être enterré dans la collégiale Saint-Florentin du même château. Mais la destruction de l’édifice en 1808 a dispersé de nombreux ossements, rendant son lieu de sépulture incertain.
Des ossements troublants mais jamais certifiés
En 1863, un squelette avait relancé les spéculations. La taille (1,77 m, remarquable pour l’époque), les fragments d’une barbe blanche et des objets retrouvés à proximité – dont un écu à l’effigie de François Ier – semblaient désigner Léonard. Ces restes furent d’abord transférés à Paris, puis replacés à Amboise dans la chapelle Saint-Hubert en 1874. Pourtant, aucune analyse scientifique n’a jamais prouvé qu’il s’agissait bien de lui.
La piste génétique des descendants
Ne laissant pas de descendance directe, Léonard complique la tâche des chercheurs. Mais une équipe a remonté sa lignée paternelle jusqu’au XIVᵉ siècle, identifiant 15 descendants masculins vivants du notaire Ser Piero, son père. Six d’entre eux ont accepté des tests ADN. Résultat : leurs chromosomes Y présentent des segments identiques, confirmant une continuité génétique depuis le Moyen Âge. Ces profils pourront être comparés à des fragments d’os retrouvés dans une tombe familiale attribuée au grand-père ou aux demi-frères de Léonard.
Un mystère bientôt résolu ?
Si les chromosomes Y des restes supposés concordent avec ceux de ses descendants actuels, deux certitudes pourraient émerger : l’authenticité de la lignée documentée et la confirmation que la tombe d’Amboise abrite bien Léonard de Vinci. Les chercheurs envisagent aussi d’explorer d’autres pistes inédites : extraire du matériel biologique d’œuvres, de manuscrits ou d’objets lui ayant appartenu, afin de reconstituer une empreinte génétique complète. Après des siècles de doutes, l’énigme pourrait enfin trouver une réponse scientifique. Amboise, haut lieu de la Renaissance, deviendrait alors, au-delà de la légende, la sépulture officiellement attestée de l’homme qui incarne le génie universel.