Le dessinateur Jul, connu pour Silex and the City et Lucky Luke, voit sa version revisitée du conte La Belle et la Bête écartée par l’Éducation nationale. Initialement sélectionnée pour l’opération “Un livre pour les vacances”, qui distribue chaque année un classique littéraire aux élèves de CM2, l’édition commandée à 800 000 exemplaires a été jugée inadaptée pour des enfants de 10 ans. Selon Le Monde, le ministère justifie son refus par des références à l’alcool et aux réseaux sociaux, estimant que certaines thématiques nécessiteraient un accompagnement pédagogique.
L’auteur conteste cette décision, qu’il qualifie de “censure” et d’acte politique. Dans un communiqué, Jul défend un ouvrage “espiègle et féerique”, évoquant un possible rejet d’une représentation plus actuelle des personnages du conte. Il questionne notamment si “le remplacement des princesses blondes par des jeunes filles méditerranéennes” a pu influencer ce choix. Ironie du sort, la ministre Élisabeth Borne avait rédigé une préface saluant la modernité du livre avant de soutenir son retrait, précisant que l’ouvrage pourrait être utilisé dans un autre cadre.
Le refus de dernière minute a conduit à l’annulation de l’impression, laissant incertain le remplacement du livre pour les élèves de 2025. Jul affirme avoir pourtant tenu compte des recommandations du ministère lors de la conception finale. Cette polémique relance le débat sur la liberté artistique et les choix de transmission culturelle au sein de l’Éducation nationale.