Le musée d’Orsay expose 17 éventails impressionnistes offerts par la famille Kan
Le musée d’Orsay expose 17 éventails impressionnistes offerts par la famille Kan

Pour les 40 ans du musée d’Orsay, une arrivée aussi rare qu’inattendue va attirer les regards : dix-sept éventails peints par de grands noms de l’impressionnisme et du postimpressionnisme rejoignent les collections grâce à une donation de la famille Kan. Présenté à partir du 24 mars dans la salle 33, au cœur des galeries impressionnistes, cet ensemble réunit notamment des œuvres de Degas, Pissarro, Gauguin, Toulouse-Lautrec ou encore Foujita. Selon le musée d’Orsay, il s’agit de la plus importante collection de ce type jamais réunie.

Un don exceptionnel pour les 40 ans du musée

Cette donation enrichit un pan encore peu représenté dans les collections du musée : celui de l’éventail d’artiste, à la croisée de la peinture et des arts décoratifs. D’après le musée d’Orsay, cet ensemble a été constitué au cours des vingt dernières années par la famille Kan, originaire de Hong Kong. Il comprend huit artistes au total, avec une forte présence de Camille Pissarro, représenté par sept éventails, et de Paul Gauguin, présent avec quatre pièces.

L’exposition permettra de voir l’intégralité de ce don pendant trois mois seulement, jusqu’au 21 juin, en raison de la fragilité de ces œuvres. Le musée précise que, passé cette première présentation, seuls deux ou trois éventails seront montrés par roulement. Cette mise en lumière s’inscrit dans le programme anniversaire de l’institution, qui entend revisiter ses acquisitions récentes et offrir de nouvelles perspectives sur l’art du XIXe et du début du XXe siècle.

Un support méconnu devenu terrain d’expérimentation

L’intérêt des impressionnistes pour l’éventail remonte à la seconde moitié du XIXe siècle, dans un contexte marqué par le japonisme. Ce format courbe, très éloigné du cadre rectangulaire traditionnel, offrait aux artistes un espace de composition inhabituel. Selon le musée d’Orsay, Degas fut l’un des premiers à s’en emparer avec audace, au point de vouloir consacrer une salle entière à ce support lors de la quatrième exposition impressionniste de 1879.

L’ensemble donné à Orsay montre justement à quel point cet objet a pu devenir un laboratoire de formes. Pissarro y transpose ses scènes rurales, Gauguin adapte certains de ses motifs bretons ou tahitiens, tandis que Foujita y déploie son univers personnel. Une des œuvres les plus singulières de l’ensemble, reproduite dans les documents du musée, est signée Jacques-Émile Blanche : on y voit deux jeunes filles assises, chacune tenant un éventail, dans un jeu de miroir aussi délicat qu’amusé.

Au-delà de la séduction de ces pièces, cette donation rappelle que les grands maîtres impressionnistes n’ont pas seulement renouvelé la peinture de chevalet. Ils ont aussi investi des formats plus intimes, plus décoratifs, parfois considérés comme mineurs, mais qui disent beaucoup de leur liberté formelle.

Partager

Communauté

Commentaires

Les commentaires sont ouverts, mais protégés contre le spam. Les premiers messages et les commentaires contenant des liens passent par une validation manuelle.

Soyez le premier à commenter cet article.

Réagir à cet article

Les commentaires sont modérés. Les messages promotionnels, les envois automatiques et les liens abusifs sont bloqués.

Votre premier commentaire, ou tout message contenant un lien, peut être placé en attente de validation.