Depuis des siècles, le mot “Apocalypse” hante l’imaginaire collectif, associé aux visions de destruction et de chaos. À la Bibliothèque nationale de France (BnF), une nouvelle exposition explore cette fascination. Jusqu’au 8 juin 2025, le site François-Mitterrand propose un voyage érudit à travers les représentations de l’Apocalypse, des premiers manuscrits médiévaux aux œuvres contemporaines. Plus de 300 pièces y sont réunies : livres rares, tapisseries, peintures, bandes dessinées, photographies et films, révélant comment ce récit biblique a traversé les âges et influencé l’art, la littérature et le cinéma.
Dérivé du grec ancien, le mot “apocalypse” signifie avant tout “révélation” et non “catastrophe”. Il désigne le dernier livre de la Bible, attribué à Jean de Patmos, qui y décrit une série de visions hallucinées annonçant le Jugement dernier. Dès le Moyen Âge, son texte complexe a été accompagné d’illustrations pour en faciliter la compréhension, donnant naissance à une iconographie riche et spectaculaire. L’exposition met en lumière cette tradition, avec des manuscrits enluminés, des gravures d’Albrecht Dürer et des fragments de la célèbre Tenture d’Angers, chef-d’œuvre du XIVe siècle.
Mais l’Apocalypse ne se limite pas aux textes sacrés. Son influence s’étend jusqu’au cinéma et à l’art contemporain. Les blockbusters de science-fiction, les représentations des grandes catastrophes et les visions post-apocalyptiques en sont les héritiers directs. L’exposition propose ainsi un parcours à travers des œuvres de Goya, du Douanier Rousseau ou encore de Xie Lei, avant de s’achever sur des installations modernes, telles que celles d’Anne Imhof ou d’Ali Cherri. Dans un monde en proie aux crises et aux inquiétudes climatiques, cette exploration des fins du monde passées et futures résonne avec une actualité brûlante.