À Paris, le musée des Arts et Métiers consacre une exposition entière à ce qu’on raconte rarement : l’échec. Jusqu’au 17 mai, « Flops ?! » propose un parcours ludique qui démonte le mythe de l’idée géniale forcément couronnée de succès et s’intéresse, au contraire, à ces produits et inventions qui n’ont jamais trouvé leur public… parfois pour de bonnes raisons, parfois parce qu’ils étaient simplement trop en avance.
De l’entrepôt des fiascos aux flops “logiques”
Le visiteur commence par un inventaire de bides devenus presque comiques : la crème Tho-Radia au radium, finalement interdite en France en 1937 en raison de sa dangerosité, le préservatif en spray qui imposait un temps de séchage, ou encore des gadgets hybrides trop chers pour séduire. L’exposition montre aussi que certains objets auraient pu fonctionner, mais ont été plombés par leur communication : une publicité mal pensée, un message sexiste ou une campagne maladroite peuvent suffire à transformer un lancement en naufrage.
Des idées trop tôt, et l’absurde comme laboratoire
« Flops ?! » insiste enfin sur une autre catégorie : les inventions “justes”, mais arrivées au mauvais moment. Le parcours cite par exemple la Pascaline, machine à calculer du XVIIe siècle, ou le Bi-Bop, téléphone mobile lancé en 1991 dont l’usage restait contraignant. Et quand le flop devient volontaire, l’exposition bascule dans un espace dédié à l’absurde, en rendant hommage à Jacques Carelman et à son Catalogue des objets introuvables : ping-pong incurvé, skis en chasse-neige ou piano fractionné… autant de détours amusants qui posent une question de fond : rater fait partie du processus, et comprendre pourquoi ça échoue aide à mieux inventer la suite.