Maria Grazia Chiuri a dévoilé l’une de ses collections les plus magistrales pour Dior lors de la semaine de la haute couture printemps-été 2025 à Paris. Présenté dans les jardins du Musée Rodin, ce défilé a célébré la mémoire vestimentaire à travers une réinterprétation contemporaine des silhouettes emblématiques de la maison. Entre hommage aux coupes iconiques et envolée onirique, voici ce qu’il faut retenir de ce moment fort de la mode parisienne.
Un décor signé Rithika Merchant
Fidèle à son habitude d’associer la haute couture à l’art, Maria Grazia Chiuri a confié la scénographie du défilé à l’artiste indienne Rithika Merchant. Neuf de ses peintures ont été transformées en fresques textiles par les ateliers Chanakya, apportant une touche de poésie et de mysticisme à l’événement. Déclinées dans des teintes neutres, oscillant entre noir, blanc et ivoire, ces œuvres ont servi d’écrin à une collection qui revisite le passé tout en ancrant Dior dans la modernité.
Un hommage aux lignes signatures de Dior
Si le New Look reste l’icône absolue de la maison, Maria Grazia Chiuri a choisi cette saison de revisiter d’autres silhouettes légendaires :
• La silhouette Cigale, imaginée par Christian Dior en 1952-1953, renaît sous une forme contemporaine avec des tissus moirés, des queues-de-pie et des jupes ajustées.
• La ligne Trapèze, popularisée par Yves Saint Laurent en 1958, inspire une série de capes et de robes aux volumes architecturaux, jouant sur le mouvement et la légèreté.
Une féminité entre délicatesse et audace
Femme-fleur, femme-oiseau, femme-enfant : Maria Grazia Chiuri plonge cette collection dans un univers féérique où la broderie et les textures racontent une histoire. Les robes sont ornées de plumes, de libellules et de papillons, les crinolines sont revisitées avec une touche de transparence, et les jupes-culottes en tulle bordé de dentelle évoquent un retour à l’innocence de l’enfance. Contrastant avec cette douceur, les mannequins arborent des coiffures audacieuses, façon crête iroquoise en plumes, insufflant une dose de modernité rebelle à l’ensemble.
Le dernier défilé de Maria Grazia Chiuri chez Dior ?
Alors que les rumeurs de changement à la tête de la création féminine de Dior se multiplient, ce défilé a des allures de chant du cygne pour Maria Grazia Chiuri. Depuis plusieurs mois, le nom de Jonathan Anderson, actuellement chez Loewe, circule comme potentiel successeur. Face au ralentissement du marché du luxe, LVMH pourrait chercher à insuffler une nouvelle dynamique à l’une de ses maisons phares. Mais si ce devait être le dernier défilé de la créatrice italienne, elle l’aura conclu avec éclat, en rappelant combien Dior sait mêler histoire, savoir-faire et rêve.