C’était un 24 mars : Fondation du Collège de France
C’était un 24 mars : Fondation du Collège de France

Le 24 mars 1529, le roi François Ier crée à Paris le Collège des lecteurs royaux, futur Collège de France, avec l’ambition de briser le monopole intellectuel de la Sorbonne et d’ouvrir un enseignement nouveau, gratuit et accessible. Conseillé par l’humaniste Guillaume Budé, le souverain entend offrir un lieu où l’on enseigne les langues anciennes, les sciences et les savoirs vivants, en dehors des cadres figés de l’Université médiévale.

Un foyer d’humanisme contre la vieille scolastique

À l’origine, l’institution est pensée comme un instrument de la Renaissance française. François Ier veut faire entrer dans le royaume l’esprit nouveau venu d’Italie et des Flandres, fondé sur l’étude directe des textes, la curiosité savante et la liberté intellectuelle. Les premières chaires sont consacrées au grec et à l’hébreu, bientôt rejointes par d’autres enseignements en langues, mathématiques, philosophie, éloquence et médecine. Les professeurs, appelés “lecteurs royaux”, sont rémunérés par le roi et dispensent leurs cours gratuitement.

Ce choix n’a rien d’anodin. En soutenant cet établissement, le roi affirme son autorité sur le monde du savoir tout en favorisant les humanistes face aux docteurs de la Sorbonne, encore attachés à la tradition scolastique et à l’enseignement en latin. Le nouveau collège ne dépend pas de l’Université et se veut plus libre dans ses méthodes, plus ouvert dans ses disciplines, plus audacieux dans son esprit.

Une institution sans cesse renouvelée

À ses débuts, le Collège royal ne possède pas de bâtiment propre. Les leçons sont données dans les collèges de Cambrai et de Tréguier, au cœur du Quartier latin. Il faut attendre Henri IV puis Louis XIII pour qu’un véritable projet architectural voie le jour, sur un chantier qui avancera lentement pendant plus d’un siècle. L’institution change plusieurs fois de nom, mais conserve sa vocation première : enseigner le savoir en train de se faire.

Devenu Collège de France, l’établissement demeure aujourd’hui fidèle à l’intuition de François Ier. On n’y délivre pas de diplômes ; on y confie à des savants la mission de transmettre au public le fruit le plus récent de leurs recherches. Rarement une fondation royale aura traversé les siècles avec une telle continuité : née de l’humanisme de la Renaissance, elle reste l’un des symboles les plus éclatants de la liberté savante en France.

Partager

Communauté

Commentaires

Les commentaires sont ouverts, mais protégés contre le spam. Les premiers messages et les commentaires contenant des liens passent par une validation manuelle.

Soyez le premier à commenter cet article.

Réagir à cet article

Les commentaires sont modérés. Les messages promotionnels, les envois automatiques et les liens abusifs sont bloqués.

Votre premier commentaire, ou tout message contenant un lien, peut être placé en attente de validation.