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Le 21 mars 1910, Félix Tournachon, plus connu sous le nom de Nadar, s’éteint à Paris à l’âge de 89 ans. Caricaturiste, écrivain, aéronaute, photographe, ce touche-à-tout de génie a marqué le XIXe siècle par sa créativité audacieuse et son esprit bouillonnant. En véritable homme de son temps, il a traversé le romantisme, les révolutions, l’invention de la photographie et les débuts de l’aéronautique, toujours en quête de nouveauté. C’est pourtant grâce à l’image qu’il passe à la postérité, en immortalisant les visages des plus grandes figures de son époque : Hugo, Baudelaire, Sand, Delacroix, Bernhardt… Son style, épuré, centré sur la lumière et l’expression, fait de lui l’un des premiers à faire de la photographie un véritable art.

Né le 6 avril 1820 à Paris dans une famille lyonnaise, Félix Tournachon se passionne très tôt pour les lettres et le dessin. C’est au sein de la bohème du Quartier Latin qu’il se forge une identité artistique, adoptant rapidement le pseudonyme de « Nadar ». D’abord caricaturiste pour les journaux satiriques comme Le Charivari ou Le Tintamarre, il se fait remarquer pour son style mordant et inventif. En 1854, il publie son Panthéon Nadar, une immense lithographie rassemblant plus de deux cents portraits de célébrités littéraires et politiques. C’est aussi l’année où il découvre la photographie, un médium encore balbutiant. Rapidement, son atelier de la rue Saint-Lazare devient le rendez-vous incontournable des artistes, écrivains et hommes politiques.

Loin de se contenter de portraits classiques, Nadar explore la technique avec un esprit d’inventeur. Il est le premier à réaliser des clichés souterrains dans les catacombes de Paris, à utiliser la lumière artificielle et surtout, en 1858, à photographier depuis les airs, depuis un ballon captif. Passionné d’aérostation, il fonde même la première compagnie de ballons, utilisée plus tard pour ravitailler Paris pendant le siège de 1870. Bien que ruiné à plusieurs reprises, il ne renonce jamais à son engagement artistique. Jusqu’à la fin de sa vie, il reste fidèle à sa devise : « L’avenir est à ceux qui cherchent ». Grâce à son regard libre et à son audace, Nadar demeure une figure fondatrice de la photographie moderne, un trait d’union entre le monde romantique du XIXe siècle et l’invention visuelle du XXe.

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