« C’est un vol » - des doubleurs français attaquent des plateformes de clonage vocal
« C’est un vol » - des doubleurs français attaquent des plateformes de clonage vocal

Huit comédiens de doublage – connus pour prêter leur voix française à des stars hollywoodiennes et à des personnages cultes – ont décidé de passer à l’offensive contre deux sites américains d’intelligence artificielle. Ils accusent ces plateformes de proposer, contre paiement, des voix reproduites sans accord, et réclament le retrait immédiat des modèles qui les imitent.

Mises en demeure contre Voice Dub et Fish Audio

Au cœur du conflit, une fonctionnalité de “text-to-speech” qui permet de faire lire n’importe quel texte avec une voix choisie dans un catalogue. Les plaignants assurent y reconnaître leur timbre, utilisé à des fins commerciales sans consentement. Selon l’AFP, ils ont fait établir un constat d’huissier et envoyé des mises en demeure datées du 30 janvier, demandant le retrait de tout modèle exploitant leur voix et 20 000 euros de dommages et intérêts.

Pour certains, l’enjeu dépasse la simple question financière. “On prend ma voix pour faire dire n’importe quoi à n’importe qui”, s’alarme l’un des doubleurs engagés dans la démarche, toujours d’après l’AFP, qui évoque une pratique vécue comme une dépossession du métier même.

Une riposte juridique face à l’IA “sauvage”

Dans un reportage, la comédienne Céline Montsarrat, notamment voix française de Julia Roberts, réagit en entendant une imitation générée par IA : elle dit reconnaître “complètement” sa voix et dénonce “un vol”.  Brigitte Lecordier, connue pour de grandes séries d’animation, s’inquiète de voir des artistes “faire dire n’importe quoi” à leur voix et se présente, avec d’autres, comme “lanceurs d’alerte” sur un phénomène qui pourrait toucher bien au-delà du doublage.

Sur le plan juridique, leur avocat affirme que la voix bénéficie de protections liées notamment à la vie privée et au droit d’auteur, et estime que ces plateformes ne peuvent pas ignorer ces règles dès lors que leurs services sont accessibles et monétisés en France, selon l’AFP. Il prévient qu’en l’absence de réponse, une action en justice suivra.

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