BD : “Les Jardins invisibles”, Alfred assemble les fragments d’une vie en douceur
“Les Jardins invisibles”

Dans Les Jardins invisibles, Alfred se dévoile comme rarement. L’auteur de Come Prima ou Senso, dont le travail flirte depuis toujours avec l’intime, signe ici une véritable autobiographie morcelée. À travers de courts récits inspirés de ses carnets de croquis, il remonte le fil de moments-clés de son existence – ces petits riens qui, avec le recul, s’avèrent décisifs. De l’enfance à ses questionnements d’adulte, il tisse un récit sans chronologie, mais plein de cohérence émotionnelle.

Souvenirs d’enfance, quête d’identité et amour du dessin

Chaque page explore un instant de bascule : une peur enfantine de l’oubli, le besoin de dessiner pour exister aux yeux de ses parents comédiens, un émerveillement estival dans la lumière italienne, ou encore la naissance d’un regard de père. Alfred scrute l’infime avec pudeur et tendresse, et transforme ses souvenirs personnels en échos universels. Son dessin, volontairement épuré, accompagne la retenue du propos : pas d’esbroufe graphique, mais une sincérité totale.

Les Jardins invisibles se lit comme un carnet intime offert aux autres, un puzzle délicat où chaque pièce, chaque anecdote, éclaire un pan de ce qui fait une vie — ou une vocation d’artiste. Un ouvrage modeste, mais profondément émouvant.

« Les Jardins invisibles » d’Alfred, 160 pages, 15,95 € (Delcourt).

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