Avec le film « Orwell. 2+2=5 », Raoul Peck alerte sur les dérives du monde actuel
Avec le film « Orwell. 2+2=5 », Raoul Peck alerte sur les dérives du monde actuel

Avec Orwell. 2+2=5, en salles le 25 février, Raoul Peck s’attaque à l’héritage de George Orwell et à la puissance toujours actuelle de 1984. Présenté au Festival de Cannes 2025 dans la section Cannes Première, le documentaire explore les derniers mois de l’écrivain britannique tout en mettant en regard ses textes avec les convulsions du monde contemporain. Une entreprise ambitieuse, qui entend démontrer combien les intuitions d’Orwell résonnent aujourd’hui.

Un portrait d’écrivain traversé par l’Histoire

Le film s’ouvre sur 1946, lorsque George Orwell s’isole sur l’île écossaise de Jura pour achever ce qui deviendra son œuvre la plus célèbre. À travers ses correspondances, son journal et ses écrits, une voix off à la première personne restitue ses réflexions sur le totalitarisme, les inégalités ou la liberté. France Télévisions souligne que le documentaire s’appuie sur ces textes pour faire entendre la pensée de l’auteur, depuis ses souvenirs d’enfance jusqu’à son engagement politique.

Orwell revient notamment sur son passage dans la police impériale en Birmanie, expérience fondatrice qui nourrira sa critique de l’impérialisme. « Pour détester l’impérialisme, il faut en faire partie », écrivait-il, rappelé dans le film. Le cinéaste associe ces paroles à un montage d’archives, d’images d’actualité et d’extraits cinématographiques afin d’ancrer la réflexion dans le réel.

Une dénonciation foisonnante des dérives actuelles

En confrontant les concepts orwelliens – « Big Brother », « novlangue », « double pensée » – aux crises contemporaines, Raoul Peck cherche à illustrer la portée visionnaire de 1984. Le film rappelle cette phrase célèbre du roman : « Le Parti finirait par annoncer que deux et deux font cinq et il faudrait le croire », soulignant combien la manipulation du langage et de la vérité demeure un enjeu central.

Selon Le Monde, le réalisateur haïtien ambitionne ainsi de dresser un vaste réquisitoire contre « l’horreur mondialisée ». Le quotidien note toutefois que cette volonté d’embrasser de multiples situations finit par en diluer les spécificités, la voix off citant Orwell de manière quasi continue pouvant apparaître plaquée sur les images.

D’une durée de deux heures, Orwell. 2+2=5 mêle ainsi biographie intime et fresque politique. Porté par les voix d’Eric Ruf et Damian Lewis, le documentaire interroge la disparition possible de la « vérité objective », inquiétude exprimée par Orwell dès la fin des années 1940 et remise en lumière par Raoul Peck dans un monde traversé par la désinformation et la surveillance généralisée.

Partager