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Vladimir Poutine a signé un décret officiel lançant un concours international de musique baptisé Intervision, destiné à rivaliser avec l’Eurovision, dont la Russie a été exclue en 2022 après l’invasion de l’Ukraine. Ce projet, qui se tiendra à Moscou et dans ses environs, ambitionne de fédérer une vingtaine de pays, parmi lesquels les membres des BRICS et des États de la Communauté des États Indépendants (CEI). Placé sous la supervision du vice-Premier ministre Dmitri Tchernychenko, l’événement vise à affirmer l’influence culturelle de Moscou et à proposer une alternative au célèbre concours européen.

Ce n’est pas la première fois que la Russie tente de relancer Intervision. Créé en 1965, ce concours servait de réponse soviétique à l’Eurovision en réunissant des pays du bloc de l’Est. Après neuf éditions, il avait disparu avec la chute de l’URSS. Une première tentative de relance avait eu lieu en 2014, notamment après la victoire de Conchita Wurst, perçue comme un affront par le Kremlin, mais elle n’avait jamais abouti.

Moscou entend aujourd’hui aller plus loin en utilisant Intervision comme un outil de soft power. Selon les éléments consultés par Reuters, l’événement mettra en avant des « valeurs traditionnelles universelles, spirituelles et familiales », dans la droite ligne de la politique conservatrice du régime russe. L’Eurovision, qui s’affiche comme un symbole de diversité et d’inclusivité, notamment envers la communauté LGBTQ+, est régulièrement critiquée par la Russie.

L’exclusion du pays en 2022 avait été ressentie comme une humiliation, renforcée par la victoire de l’Ukraine, soutenue massivement par le vote du public européen. Relancer Intervision permettrait à Moscou de démontrer qu’elle peut organiser un événement musical international sans l’aval de l’Occident. Reste à voir si ce concours parviendra à attirer un public au-delà des sphères d’influence russes et à rivaliser avec l’Eurovision, qui réunit chaque année plusieurs centaines de millions de téléspectateurs.

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