Le jeu Assassin’s Creed Shadows, attendu le 20 mars 2025, fait l’objet d’une vive polémique au Japon. Une vidéo promotionnelle montrant un personnage détruisant un sanctuaire shinto et attaquant des prêtres a suscité l’indignation, notamment chez Hiroyuki Kada, député du Parti libéral-démocrate, qui dénonce un manque de respect envers la culture japonaise. Il critique aussi Ubisoft pour avoir reproduit un sanctuaire réel sans autorisation. Cette controverse s’inscrit dans un contexte de sensibilité accrue au Japon quant aux représentations culturelles étrangères.
Le jeu, qui plonge les joueurs dans le Japon féodal du XVIe siècle, est également au centre d’un débat sur l’authenticité historique de son protagoniste, Yasuke, un samouraï noir ayant réellement existé mais dont le statut militaire est contesté. Si certains historiens comme Pierre-François Souyri confirment son existence, d’autres, dont Yuichi Goza, estiment qu’il était avant tout un serviteur d’Oda Nobunaga. Une pétition rassemblant plus de 100 000 signatures accuse Ubisoft de “dénaturation historique” et d’“occidentalisation excessive” du récit.
Face aux critiques, Ubisoft a annoncé des ajustements pour la version japonaise, notamment la suppression de certaines scènes de violence et la modification de dialogues. Ce n’est pas la première fois qu’Assassin’s Creed est critiqué pour sa représentation de l’histoire, comme ce fut le cas avec Unity en France. L’éditeur insiste néanmoins sur le caractère fictif de son œuvre, rappelant que la série n’a jamais eu vocation à être une reconstitution historique fidèle. L’impact de cette controverse sur les ventes du jeu reste à voir après sa sortie.