À Lassay-les-Châteaux, une bière « amère » baptisée Christelle pour protester contre les coupes culturelles
À Lassay-les-Châteaux, une bière « amère » baptisée Christelle pour protester contre les coupes culturelles

Face à la suppression de 12 000 euros de subventions régionales, le festival des arts de la rue Les Entrelacés lance une bière ironiquement nommée La Christelle, en référence à la présidente de la région Pays de la Loire, Christelle Morançais. Une initiative aussi désaltérante que politique rapportée par ICI Mayenne (ex-France Bleu).

Une riposte mousseuse face aux restrictions

À Lassay-les-Châteaux, en Mayenne, les organisateurs du festival Les Entrelacés ont choisi une réponse originale aux coupes budgétaires qui frappent le secteur culturel régional : brasser une bière en guise de protestation. Le nom, La Christelle, n’a rien d’anodin. Il fait directement référence à Christelle Morançais, présidente de la région Pays de la Loire, à l’origine de la décision qui a privé le festival de 12 000 euros de subvention — soit 10 % de son budget annuel.

« C’est une bière qui représente ce qu’on a vécu en décembre, un moment pas très heureux », explique David Seurin, coordinateur et programmateur du festival. La boisson, annoncée comme « amère », se révèle toutefois « plutôt buvable » : « Peut-être que c’est là que pèche la démarche », sourit-il, reconnaissant malgré tout la qualité du breuvage artisanal.

Une 31e édition maintenue mais allégée

Malgré ce revers financier, la 31e édition du festival, qui se déroulera les 13 et 14 juillet 2025, restera gratuite. Mais le programme, lui, s’en trouve réduit : environ 20 % de spectacles en moins par rapport aux années précédentes.

1 000 litres de Christelle ont été produits pour soutenir l’événement. La bière sera servie dès ce vendredi 23 mai lors d’une soirée de soutien à la brasserie Guibs, à Mayenne, et bien sûr pendant le festival. L’équipe envisage même d’en envoyer quelques bouteilles à la présidente de région. « On n’est pas rancuniers », affirme David Seurin. « Peut-être qu’on pourrait trinquer ensemble pour trouver un chemin commun. »

En brassant une riposte teintée d’humour et de poésie, Les Entrelacés rappellent que la culture, même quand on lui coupe les ailes, sait encore lever le coude pour faire entendre sa voix.

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