Trente ans après sa disparition, la chanteuse réapparaît autrement qu’en icône figée : la Bibliothèque nationale de France consacre une exposition gratuite à la relation intense qu’elle a entretenue avec celles et ceux qui l’écoutaient. Intitulé Dis, quand reviendras-tu ? Barbara et son public, le parcours est présenté dans la Galerie des donateurs jusqu’au 5 avril, et fait résonner sa voix parmi des archives où se mêlent scène, écriture et dévotion.
Un fonds donné à la BnF, fruit d’un patient travail d’archivistes amateurs
L’exposition s’appuie sur un ensemble entré récemment dans les collections : des archives rassemblées puis offertes en 2023 par l’association Barbara Perlimpinpin, qui avait acquis une partie des pièces lors d’une vente aux enchères en 2000 avant de poursuivre ses achats et sa collecte, comme le racontent à Radio France Coline Renaud (BnF) et Émilie Caftan (BnF). Le parcours, composé de disques, partitions, affiches, photographies, vidéos et lettres, suit Barbara depuis ses débuts dans les cabarets à partir de 1956 jusqu’à ses dernières apparitions au début des années 1990, en mettant l’accent sur sa manière de travailler et sur la place centrale de la scène, décrite par la BnF comme un lieu de retrouvailles avec le public.
Ce lien est incarné par la masse de courriers d’admirateurs exposés et par la mémoire entretenue par ceux qui, après sa mort, ont prolongé l’histoire en sauvegardant ses traces. Radio France rapporte l’émotion de Martine Worms, secrétaire générale de Barbara Perlimpinpin, lorsque la BnF a annoncé vouloir bâtir une exposition à partir de ce don. Elle y affirme que Barbara reste présente, estimant que sa voix et ses textes continuent de dire quelque chose d’universel, et conclut : « C’est un patrimoine vivant et qui le restera », selon Radio France.
La scène, l’engagement et un héritage dispersé entre plusieurs institutions
L’exposition n’enferme pas Barbara dans la seule nostalgie : elle montre aussi une artiste attentive à son époque, notamment à travers des documents liés à son engagement contre le sida, thème mis en avant par Radio France et par la présentation institutionnelle de la BnF. Le fil conducteur demeure toutefois cette “histoire d’amour” avec le public, cristallisée par une phrase devenue emblématique : « Ma plus belle histoire d’amour, c’est vous », prononcée à Bobino en 1966, rappelle la notice de la BnF.
Enfin, la BnF replace ces archives dans un ensemble patrimonial plus vaste : Radio France précise que certaines tenues de scène de la chanteuse sont conservées au Centre national du costume et de la scène à Moulins, tandis que des tenues de ville et de soirée se trouvent au Palais Galliera à Paris. De quoi dessiner, au-delà des chansons, une présence matérielle éclatée, mais désormais rassemblée le temps d’une exposition où l’on entend, au bout du couloir, une voix qui n’a jamais vraiment quitté la salle.