Exhumée par hasard dans le grenier de la Bibliothèque d’étude et de conservation de Besançon, une série de lettres sulfureuses échangées entre Gustave Courbet et une mystérieuse dame de la haute société parisienne, Mathilde Carly de Svazzema, est désormais exposée au public. Intitulée Courbet, lettres cachées : histoire d’un trésor retrouvé, l’exposition dévoile 38 des 116 lettres écrites entre novembre 1872 et avril 1873. Érotisme, solitude, fantasmes crus et art s’entrelacent dans cette correspondance jusqu’ici cachée par pudeur, mais qui éclaire aujourd’hui d’un jour nouveau la personnalité du peintre de L’Origine du monde.
Ces lettres, jamais rendues publiques jusqu’à leur découverte en 2023, révèlent un Courbet vieillissant, malade, reclus à Ornans après son incarcération pour son rôle dans la Commune de Paris. À travers ses mots, le peintre se confie, fantasme, et nourrit une obsession sensuelle pour le corps de Mathilde, qu’il n’a pourtant jamais rencontrée. Les échanges, d’une grande intensité, atteignent parfois un lyrisme cru, comme lorsqu’il écrit vouloir peindre son sexe sur sa boîte de peinture : une référence directe à son célèbre tableau, peint en 1866.
Si la relation épistolaire finit mal — Mathilde disparaît après avoir détourné l’argent d’un tableau sans l’acheter —, elle permet aujourd’hui de sonder les recoins les plus intimes de l’esprit du peintre. À travers ces lettres, Courbet apparaît aussi vulnérable que passionné, et sa parole, jusque-là contenue dans ses œuvres, trouve ici une dimension bouleversante. L’exposition est à découvrir jusqu’au 21 septembre à Besançon, ville natale de l’artiste, et propose au public adulte une immersion dans l’intimité d’un génie tourmenté.