Du 8 au 14 juin 2025, le Festival international du film d’animation d’Annecy célèbre une fois encore l’inventivité du cinéma animé mondial. Cette année, le réalisateur français Michel Gondry revient sur le devant de la scène avec Maya, donne-moi un autre titre, présenté en avant-première le lundi 9 juin, avant sa sortie nationale prévue le 18 juin. Suite de son projet familial initié en 2024, ce film artisanal s’impose comme l’un des moments forts de cette édition.
Une création intime et poétique au cœur de la compétition
Avec Maya, donne-moi un autre titre, Michel Gondry livre une œuvre à la fois personnelle et universelle. Né d’un jeu épistolaire avec sa fille, ce second opus reprend le principe du premier : chaque mois, Maya propose un titre, son père imagine l’histoire, et l’ensemble devient un court-métrage d’animation. Cette fois encore, le réalisateur conçoit tout à la main, privilégiant les matériaux simples, loin des technologies numériques omniprésentes dans l’industrie. Le résultat ? Un patchwork joyeusement désordonné de papier découpé, de dessins et de bricolages filmés, révélant un univers visuel unique.
Sélectionné en compétition officielle à Annecy, le film brille par son originalité. L’actrice Blanche Gardin y prête sa voix, succédant à Pierre Niney, tandis que Maya, désormais plus âgée, continue d’incarner avec espièglerie la protagoniste de ces aventures absurdes et tendres. Le récit s’ouvre sur des situations surréalistes — des consultations dans une baignoire ou une Terre détruite où seul un magasin Naturalia résiste — portées par une narration fantasque et pleine d’affection.
Un hommage à l’imagination face aux logiques industrielles
En filigrane, Maya, donne-moi un autre titre délivre aussi un message sur la création artistique. Gondry, fidèle à son esthétique artisanale, oppose à l’animation générée par intelligence artificielle une vision plus humaine, plus tactile. Dans une séquence, il invite même les camarades de classe de sa fille à imaginer des personnages qu’il intègre ensuite au film, prolongeant ainsi la dimension collective et éducative du projet.
Cette œuvre, souligne l’évolution de la relation père-fille au fil du temps. Plus scénarisé, moins centré sur l’intimité familiale que le premier volet, ce nouveau film met en avant la puissance de l’imaginaire, avec des décors encore plus soignés et des thématiques ouvertes à tous les âges.
Présenté dans un festival qui attire chaque année les plus grands talents de l’animation, Maya, donne-moi un autre titre trouve parfaitement sa place dans une programmation qui célèbre, cette année encore, la diversité et l’excellence du cinéma d’animation mondial.