« 37 secondes » : Arte rouvre le dossier Bugaled Breizh avec une mini-série poignante
« 37 secondes »

À partir du 3 avril, Arte diffuse 37 secondes, une série qui revient sur le naufrage du chalutier breton Bugaled Breizh, survenu en 2004. Mêlant fiction et enquête rigoureuse, elle éclaire un drame maritime encore entouré de mystères et relance la mémoire d’un combat judiciaire inachevé.

Une fiction ancrée dans un fait divers inexpliqué

Le 15 janvier 2004, en à peine 37 secondes, le Bugaled Breizh coule au large des côtes britanniques. Cinq marins chevronnés périssent. L’épave remontrée à la surface et les investigations n’ont jamais permis d’expliquer avec certitude les causes du naufrage. En 2014, la justice française a conclu à un non-lieu. Un an plus tard, la Cour de cassation a mis un terme définitif à l’enquête.

Pourtant, les familles n’ont jamais cessé de croire à une autre vérité. 37 secondes, réalisée par Anne Landois (Engrenages) et Sophie Kovess-Brun, s’inspire de ce combat acharné. Dans la série, Nina Meurisse incarne une proche de victime, déterminée à faire éclater la vérité, épaulée par un avocat interprété par Mathieu Demy. Ensemble, ils affrontent les zones d’ombre du dossier et les silences officiels.

Sous-marins, bancs de sable et zones d’ombre

Trois hypothèses ont été explorées au fil des enquêtes : un éperonnage par un porte-conteneurs, un accrochage par un sous-marin, ou encore l’enlisement du filet dans un banc de sable. Si la piste d’un incident de pêche est celle que retiennent les conclusions officielles — en France comme au Royaume-Uni —, les proches des marins privilégient celle de l’implication militaire, notamment celle d’un submersible en exercice au même moment. Selon Deadline, plusieurs sous-marins étaient en effet présents dans cette zone d’entraînement au moment du drame, dont le britannique Turbulent et le néerlandais Dolfijn, sans que leur responsabilité ne soit prouvée.

La mini-série n’apporte pas de réponse définitive, mais souligne avec finesse l’opacité des procédures, le poids du deuil et la résistance des familles face aux institutions. Le comédien Mathieu Demy espère que 37 secondes pourra même « déclencher une nouvelle réflexion » sur cette affaire classée.

Sans consulter directement les familles, la production revendique une liberté de ton et un traitement fictionnel. Mais en donnant chair à la douleur et à la ténacité des proches, elle offre à ce naufrage oublié une visibilité nouvelle. Le Bugaled Breizh (« les enfants de Bretagne », en breton) continue de hanter les mémoires, et peut-être, de faire des vagues.

Partager