De Madrid à Londres, en passant par Rome et Berlin, les journaux saluent la démonstration espagnole et dressent un constat sévère sur l’équipe de France
L’élimination de l’équipe de France face à l’Espagne (2-0), mardi à Dallas, en demi-finale de la Coupe du monde, a provoqué une avalanche de réactions dans la presse étrangère. Si tous les médias ou presque célèbrent la qualification de la Roja pour la finale, beaucoup insistent surtout sur l’impuissance des Bleus, largement dominés dans le jeu. Plusieurs éditorialistes parlent d’une victoire sans contestation possible et décrivent une sélection française incapable de répondre au défi imposé par les Espagnols.
En Espagne, une démonstration saluée comme un match référence
Les quotidiens espagnols célèbrent unanimement la prestation des hommes de Luis de la Fuente. AS barre sa une d’un retentissant « Grandiose ! » et estime que l’Espagne a offert une véritable leçon de football. Pour Hector Martinez, la Roja a battu « la meilleure équipe du tournoi jusqu’à présent » et a gagné « l’admiration et le respect des supporters du monde entier ». Le journaliste juge que dominer une équipe emmenée par Mbappé, Dembélé et Olise relève d’une performance exceptionnelle.
Même tonalité dans El País. Le quotidien décrit une équipe de France « abasourdie » après une « démonstration prodigieuse ». David Alvarez oppose le jeu collectif espagnol aux qualités individuelles françaises. Selon lui, les Bleus misent avant tout sur la vitesse et les exploits personnels, tandis que l’Espagne fait circuler le ballon avec une maîtrise qui dépasse toutes les qualités athlétiques adverses.
Marca parle d’une « prestation inoubliable » qui mérite de rejoindre les plus grandes pages de l’histoire du football espagnol. José Luis Hurtado écrit que la sélection espagnole a « ouvert les portes du Prado et du Louvre » en décrochant une deuxième finale mondiale.
Sport et Mundo Deportivo affichent également « ¡Qué grandes! » ou « Immenses ! » à leur une. Ferran Martinez estime que l’attaque française, pourtant très attendue, n’a jamais trouvé les solutions. Avec une pointe d’ironie, il résume la soirée en écrivant : « C’était le 14 juillet, jour de la fête nationale espagnole. »
En Italie, des critiques particulièrement dures contre les Bleus
Les journaux italiens ne ménagent pas non plus l’équipe de Didier Deschamps.
La Gazzetta dello Sport affirme qu’il « n’y a pas eu de match de la première à la dernière minute ». Fabio Licari décrit une Espagne « magnifique, dominante, supérieure en tout point » et considère que la France a été « totalement écrasée ». Il va plus loin encore en parlant de « l’équipe de France la plus médiocre et la plus terne de mémoire récente en Coupe du monde ». Selon lui, les Bleus se sont bercés d’illusions, Mbappé a disparu de la rencontre et la supériorité espagnole n’a jamais été remise en question.
Tuttosport choisit le titre « Larmes bleues » et écrit que « Mbappé et la France rentrent à la maison ». Le quotidien estime que la Roja a parfaitement neutralisé la force offensive française et réduit au silence une attaque annoncée comme l’une des plus redoutables du tournoi.
En Angleterre, Mbappé au cœur des critiques
Outre-Manche, The Times affirme que « la France, nerveuse, a trépassé ». Martin Samuel résume son analyse avec une formule mordante : « La bonne nouvelle, c’est que la France est éliminée. La mauvaise, c’est qu’au moins deux équipes exceptionnelles étaient présentes dans ce tournoi. Mardi à Dallas, l’une a brillé, l’autre non. » Il estime que l’Espagne a donné une véritable leçon de maîtrise et avait pratiquement assuré sa qualification bien avant le coup de sifflet final.
Le Daily Mail insiste lui aussi sur l’écart entre les deux équipes. Ian Herbert écrit que cette demi-finale a surtout raconté « une histoire de collectif bien plus que d’individualités ». Il résume la soirée française par une formule frappante : « Mbappé court après son ombre. » Pour le journaliste, posséder quatre attaquants de très haut niveau ne sert à rien lorsqu’aucun ballon ne leur parvient dans de bonnes conditions.
En Allemagne, la qualification espagnole ne souffre aucune contestation
En Allemagne, Der Spiegel décrit la soirée des Bleus comme « le jour de l’innocuité totale ». Le magazine considère que toutes les individualités françaises ont été éclipsées par l’organisation collective de l’Espagne.
Bild préfère s’attarder sur l’ambiance du stade de Dallas, jugée indigne d’une demi-finale de Coupe du monde. Le tabloïd reconnaît toutefois que la qualification espagnole est parfaitement méritée. Son journaliste Matthias Marburg ironise même : « Si vous souhaitez méditer au calme la prochaine fois, je vous recommande un match espagnol. L’équipe mérite largement sa qualification, mais ses supporters, certainement pas. »
Un constat largement partagé
Au fil des réactions, un constat revient dans la quasi-totalité des journaux étrangers. L’Espagne est présentée comme une équipe ayant imposé son rythme, son jeu collectif et sa maîtrise technique du début à la fin de la rencontre. À l’inverse, les Bleus sont décrits comme inoffensifs, dominés dans tous les secteurs et incapables de mettre en valeur leurs individualités. Pour une grande partie de la presse internationale, cette demi-finale a confirmé la supériorité de la Roja et laissé une image très décevante de l’équipe de France.