Dans les rayons, le plastique n’a pas rendu les armes. Une enquête menée dans 1.600 magasins par les associations Que Choisir Ensemble et No Plastic In My Sea décrit une grande distribution encore saturée d’emballages à usage unique, malgré les discours et malgré la réglementation française qui promet une baisse nette. Sur le papier, une partie des fruits et légumes frais doit déjà s’affranchir du plastique. Dans la vraie vie, les exceptions s’empilent et le film transparent continue de s’accrocher aux barquettes.
Chiffre qui claque: le rayon boissons concentre à lui seul 40% des plastiques à usage unique relevés en grande distribution. Et pendant que les bouteilles s’alignent comme des dominos, les ventes du secteur progressent de 3,3% sur un an. Le message envoyé est limpide: le « tout prêt, tout fermé, tout jetable » garde la main, quand le vrac, lui, marque le pas. On avait promis un tournant, on voit surtout une habitude qui se renforce.
Boissons: le grand chantier qui déborde des caddies
Face à ce constat, la chercheuse Nathalie Gontard, directrice de recherche à l’Institut de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement, remet la balle au centre. « Les consommateurs achètent ce qu’on leur propose. S’il n’y a pas d’offre, il n’y a pas de demande », rappelle-t-elle, appelant industriels et distributeurs à réduire l’emballage au strict minimum. L’idée n’est pas de culpabiliser le client au bout de la caisse, mais de regarder la chaîne en amont, là où se décident les formats, les contenants et le marketing du « pratique ».
Car le « pratique » a un coût, souvent invisible sur l’étiquette. La chercheuse cite ces produits déjà préparés, champignons en morceaux ou melons prédécoupés, qu’elle juge évitables, et alerte sur la libération de microplastiques et de nanoplastiques, polluants persistants. Au-delà de l’environnement, elle estime que le consommateur et l’économie y perdent, entre déchets multipliés et ressources gaspillées pour emballer ce qui pourrait l’être moins.
Reste la bataille des règles, et surtout de leurs dérogations. Les associations contestent des exceptions qu’elles jugent trop larges, quand certaines filières les défendent au nom de l’hygiène, de la casse ou de la conservation. Entre le principe affiché et les pratiques en rayon, la France avance à petits pas, parfois à reculons, avec un débat qui s’installe: réduire à la source, oui, mais qui accepte de changer les réflexes industriels et les linéaires qui vont avec…
Communauté
Commentaires
Les commentaires sont ouverts, mais protégés contre le spam. Les premiers messages et les commentaires contenant des liens passent par une validation manuelle.
Soyez le premier à commenter cet article.