CANNES, 17 mai 2025 — Depuis la Croisette, l’acteur Pedro Pascal a livré un message politique fort, appelant à la narration et à l’expression de soi comme remparts contre les troubles qui secouent les États-Unis. Présent au Festival de Cannes pour défendre le film Eddington, en compétition officielle, il a exhorté les artistes à se mobiliser face à la peur, qu’il décrit comme une arme utilisée « pour gagner ».
« Continuez à raconter vos histoires, à vous exprimer et à vous battre pour être qui vous êtes », a déclaré Pascal, d’origine chilienne, devant la presse. Il interprète dans Eddington un maire progressiste confronté à un shérif déchu, incarné par Joaquin Phoenix, dans une petite ville du Nouveau-Mexique en proie aux tensions raciales et aux querelles liées aux mesures sanitaires durant la pandémie de COVID-19.
Le film, réalisé par Ari Aster (Hérédité, Midsommar), s’attaque de front à l’ambiance délétère des États-Unis de 2020, entre révoltes sociales et fractures idéologiques. Aster a confié avoir voulu capturer « ce que ressent le pays pendant et après la pandémie », exprimant son inquiétude quant à la direction actuelle du pays. « Nous sommes sur une route dangereuse. J’ai l’impression que nous vivons une expérience qui tourne mal », a-t-il affirmé.
Interrogé sur la politique migratoire du président Donald Trump, Pascal a préféré faire preuve de retenue, soulignant qu’il ne se sentait « pas assez informé » pour commenter en détail, tout en affirmant son souhait de voir les gens « en sécurité et protégés ». Une allusion aux mesures controversées de l’administration Trump, notamment l’expulsion de résidents permanents légaux, qui ont provoqué de nombreuses actions en justice et mobilisé les défenseurs des droits civiques.
Aux côtés de Joaquin Phoenix, Eddington réunit également Emma Stone et Austin Butler. Le film sortira dans les salles américaines le 18 juillet. À Cannes, il suscite déjà un vif intérêt, tant pour son propos politique que pour son casting prestigieux. Dans un contexte électoral tendu aux États-Unis, les déclarations de Pedro Pascal résonnent comme un appel à la vigilance démocratique, depuis la scène artistique internationale.