OpenAI entre dans l’industrie du cinéma avec l’ambition claire de démontrer que l’intelligence artificielle peut produire un film d’animation de qualité à un coût et dans un temps bien moindres que les standards actuels. Le projet, baptisé Critterz, retrace les aventures d’étranges créatures de forêt et pourrait être présenté dès le prochain Festival de Cannes. Une initiative technologique et artistique qui fait déjà grand bruit.
Un film d’animation créé avec l’IA en neuf mois
Ce projet inédit a été lancé par Chad Nelson, créatif chez OpenAI, qui avait déjà réalisé un court-métrage de cinq minutes en 2023 à l’aide de DALL-E, le générateur d’images développé par l’entreprise. Cette fois, il s’associe aux studios Vertigo Films et Native Foreign pour transformer l’essai en un long-métrage. Le scénario a été coécrit avec des membres de l’équipe du film Paddington au Pérou. Des croquis réalisés par des artistes seront ensuite traités via les modèles d’OpenAI, notamment GPT-5, pour générer les visuels. Des acteurs humains prêteront leur voix aux personnages.
Le budget annoncé est inférieur à 30 millions de dollars, une somme très en dessous des standards des studios d’animation. Et surtout, la durée de production est réduite à seulement neuf mois, contre trois ans habituellement. Le tournage est déjà en cours, avec pour objectif une sortie en salles courant 2026.
Une initiative qui relance le débat sur l’usage de l’IA à Hollywood
Avec Critterz, OpenAI veut prouver que ses outils peuvent révolutionner la production audiovisuelle. Chad Nelson affirme que l’intérêt de ce projet est bien plus fort qu’une simple démonstration technique. Selon lui, la réussite du film pourrait accélérer l’adoption de l’IA par l’ensemble de l’industrie, en rendant la création de contenus plus accessible.
Mais ce mouvement n’est pas sans résistance. Hollywood continue de se méfier de l’intelligence artificielle. En 2023, les syndicats de scénaristes et d’acteurs avaient fait grève pour exiger des garde-fous face à l’essor de cette technologie. Des accords ont depuis été signés pour encadrer l’usage de l’IA dans l’écriture de scénarios et la reproduction de la voix ou de l’image des comédiens. Par ailleurs, des litiges juridiques sont en cours. Disney, NBC Universal et Warner Bros ont récemment attaqué Midjourney pour avoir utilisé leurs contenus protégés afin d’entraîner son IA.
Dans ce contexte tendu, le pari d’OpenAI apparaît aussi audacieux que stratégique. L’entreprise entend montrer que l’intelligence artificielle ne se contente plus de générer des textes ou des images, mais peut aussi devenir un outil clé de la production cinématographique. Reste à voir si Critterz séduira le public, les critiques… et les jurys.