La comédienne algérienne Biyouna, de son vrai nom Baya Bouzar, s’est éteinte mardi à l’âge de 73 ans à l’hôpital Beni Messous d’Alger. Selon la presse algérienne, l’artiste luttait depuis plusieurs années contre un cancer qui avait considérablement fragilisé son état de santé. Hospitalisée début novembre, elle avait été placée en service de pneumologie ces derniers jours face à la rapide dégradation de ses capacités respiratoires.
Née à Alger et révélée dans les années 1970, Biyouna avait conquis le public grâce à son tempérament flamboyant et son humour singulier. D’abord figure de la télévision algérienne, elle s’était imposée dans de nombreux feuilletons populaires, notamment La Grande Maison, Nass Mlah City ou encore les programmes ramadanesques qui avaient fait d’elle un visage familier des foyers algériens. Parallèlement, elle avait développé une carrière musicale avec deux albums, avant de se lancer dans un spectacle solo au Théâtre Marigny à Paris.
L’actrice avait également marqué durablement le cinéma français. On l’avait vue dans La Source des femmes aux côtés de Leïla Bekhti, puis dans Neuilly sa mère, sa mère, Les Trois Frères : Le Retour ou encore Le Flic de Belleville, où elle interprétait une mère intrusive face à Omar Sy. Plus d’une vingtaine de rôles au cinéma et à la télévision composaient une filmographie riche, faisant d’elle un pont culturel entre les deux rives de la Méditerranée.
Sa disparition a suscité une vive émotion en Algérie, où le président Abdelmadjid Tebboune a salué la mémoire d’une artiste « qui a marqué la scène culturelle et contribué au rayonnement du cinéma national ». Sur les réseaux sociaux, de nombreux comédiens et anonymes ont rendu hommage à une femme décrite comme généreuse, libre et profondément attachée à son public. Mère de quatre enfants, Biyouna laisse derrière elle une œuvre foisonnante et un héritage artistique reconnu des deux côtés de la mer.