Le cinéma en crise: la fréquentation au plus bas depuis 28 ans en France
Le cinéma en crise: la fréquentation au plus bas depuis 28 ans en France

Le bilan du premier semestre 2025 s’annonce particulièrement morose pour le secteur cinématographique en France. D’après les données publiées par le Centre national du cinéma et de l’image animée, les salles françaises ont enregistré 75,27 millions d’entrées entre janvier et juin. Ce chiffre, en baisse de 12,2 % par rapport à la même période en 2024 (85,72 millions), constitue le plus bas niveau de fréquentation enregistré depuis 1997, hors années exceptionnelles liées au Covid-19.

Un mois de juin catastrophique

La tendance à la baisse s’est encore accentuée en juin, avec seulement 10,85 millions d’entrées. Il s’agit du mois le plus faible de l’année en termes d’affluence. En comparaison avec juin 2024, qui avait connu une forte affluence grâce à plusieurs succès populaires, la chute est brutale : -23,2 %. En mai déjà, la baisse atteignait -24,9 % sur un an. Ce recul illustre le manque d’entrain du public à se déplacer en salle, malgré une offre relativement diversifiée.

Dans le classement des films les plus vus en juin, les productions américaines dominent. Le remake de Lilo & Stitch prend la tête, suivi par Dragons, Mission Impossible: The Final Reckoning, et F1, le film. Le premier film français n’arrive qu’en cinquième position avec La Venue de l’avenir, un score modeste qui illustre le recul de la part de marché du cinéma hexagonal, tombée à 40,4 %, contre 46,7 % un an plus tôt. Dans le même temps, les productions américaines grimpent à près de 32 % de part de marché, confirmant un léger regain d’intérêt pour les blockbusters hollywoodiens.

Une Fête du cinéma décevante

Malgré cette morosité, un sursaut a été observé à la fin du mois grâce à la 40e édition de la Fête du cinéma. Du 29 juin au 2 juillet, cette opération promotionnelle a attiré plus de 3 millions de spectateurs, profitant d’un tarif unique de 5 euros la place. Ce résultat reste toutefois en retrait par rapport à l’édition 2024, qui avait franchi la barre des 4,65 millions d’entrées, un record historique. La fréquentation reste néanmoins équivalente à celle de 2023 et supérieure à la moyenne observée sur la période 2017-2019, avant la crise sanitaire.

Les organisateurs se sont félicités de ces chiffres, soulignant que la diversité des films proposés et les températures estivales ont pu inciter les spectateurs à rechercher la fraîcheur des salles, présentées comme un refuge climatisé et culturel.

Des films comme F1, M3GAN 2.0, ou le thriller français 13 jours, 13 nuits, ont su tirer parti de cette période stratégique en sortant juste avant le lancement officiel de l’opération. Leur succès, bien que ponctuel, a redonné un souffle passager à une industrie en difficulté.

Une reprise espérée grâce aux blockbusters de l’été

Le second semestre pourrait toutefois inverser la tendance grâce à une programmation nettement plus musclée que l’année précédente. En 2024, les retards de production liés au Covid-19 et la grève des scénaristes à Hollywood avaient vidé les plannings de sorties majeures. Cette année, la situation est radicalement différente.

Jurassic World: Renaissance, sorti le 2 juillet, ouvre la voie à une série de superproductions attendues, comme Superman, Les 4 Fantastiques Premiers pas, Les Schtroumpfs Le film, ou encore Michael, le biopic consacré à Michael Jackson. D’autres sorties très attendues suivront à l’automne et en fin d’année, à l’image de Zootopie 2, Avatar: Fire and Ash, ou encore Chien 51, une grosse production française qui pourrait séduire le public.

Si ces films rencontrent le succès escompté, ils pourraient contribuer à combler le retard accumulé durant le premier semestre. L’industrie mise ainsi sur le retour en force des blockbusters pour relancer une fréquentation en berne, et inciter les spectateurs à revenir durablement dans les salles. Le second semestre s’annonce donc crucial pour redresser la barre d’une année, pour l’instant, bien en deçà des attentes.

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