« La Venue de l’avenir » : Klapisch peint un passé lumineux depuis 2025
« La Venue de l’avenir » : Klapisch peint un passé lumineux depuis 2025

Pour sa première montée des marches à Cannes, Cédric Klapisch présente un film entre générations, où la lumière des impressionnistes éclaire les fractures familiales. « La Venue de l’avenir », projeté hors compétition, mêle humour, émotion et contemplation dans un récit à double temporalité, où des descendants découvrent les traces d’une aïeule oubliée.

Une maison, une ancêtre, une enquête à travers les siècles

Le point de départ du film tient dans un courrier inattendu : une trentaine de personnes, liées par le sang mais étrangères les unes aux autres, apprennent qu’elles héritent collectivement d’une vieille bâtisse normande à l’abandon depuis 1944. Parmi elles, quatre cousins éloignés — campés par Julia Piaton, Vincent Macaigne, Zinedine Soualem et Abraham Wapler — sont envoyés sur place pour dresser l’état des lieux.

Ce qu’ils trouvent sur place dépasse de loin une simple succession : des photos anciennes, un portrait énigmatique, et surtout un trésor caché, qui les pousse à enquêter sur leur mystérieuse ancêtre, Adèle Meunier, née en 1873. Cédric Klapisch tisse alors un récit en aller-retour constant entre deux époques — 2025 et 1895 — avec un soin particulier apporté au montage, fluide et sans rupture. Dans cette fresque familiale impressionniste, chaque détail visuel évoque une toile : coquelicots normands, falaises baignées de lumière, rues parisiennes baignées de l’électricité naissante… Le réalisateur rend hommage à Bazille, Monet ou encore Caillebotte à travers une reconstitution minutieuse, notamment dans les décors et les costumes.

Deux jeunesses séparées par le temps, unies par les mêmes élans

Au XIXe siècle, une jeune femme découvre Paris et ses promesses, interprétée par Suzanne Lindon avec une légèreté presque aquarellée. À l’écran, elle croise Paul Kircher, Vassili Schneider et Abraham Wapler, qui incarnent les espoirs, les désillusions et les aspirations d’une génération d’alors, miroir des préoccupations de leurs alter ego contemporains. Deuil, amour, transmission, quête d’identité : les sujets traversent les époques, portés par un casting complice et multigénérationnel.

Cédric Klapisch réunit ici une jeune garde montante du cinéma français, dont il souligne la spontanéité et l’énergie commune : tous issus de familles d’artistes, ces comédiens cherchent à tracer leur propre voie. Ce lien entre passé et présent devient d’ailleurs le cœur même du film : comment les histoires oubliées influencent-elles nos existences ? Comment la mémoire se transforme-t-elle en inspiration ?

Avec « La Venue de l’avenir », le cinéaste livre un récit en apparence modeste, mais riche en émotions et en beauté visuelle. Une chronique familiale pleine de délicatesse, dans laquelle le temps devient un personnage à part entière. Présenté hors compétition, le film sort simultanément en salles ce jeudi 22 mai.

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