Présenté en compétition officielle au Festival de Cannes 2025, Die My Love, adaptation d’un roman d’Ariana Harwicz, offre à Jennifer Lawrence l’un des rôles les plus intenses de sa carrière. Réalisé par Lynne Ramsay, ce drame psychologique explore la descente aux enfers d’une mère en pleine dépression post-partum, dans une mise en scène aussi radicale que dérangeante.
Une plongée dans la psyché d’une mère au bord du gouffre
Dans Die My Love, Jennifer Lawrence incarne Grace, jeune mère isolée dans une maison reculée avec son compagnon Jackson (Robert Pattinson) et leur bébé de six mois. Le couple, autrefois passionné, s’effrite sous le poids de la maternité. Tandis que Jackson tente de composer un album, Grace sombre dans un état psychique de plus en plus instable. Ses crises s’enchaînent : automutilation, hallucinations, sexualité obsessionnelle, agressivité incontrôlable… Une spirale incontrôlable que Lynne Ramsay filme sans filtre, entre rage, silence et vacarme intérieur.
La réalisatrice écossaise, déjà récompensée à Cannes en 2017 pour A Beautiful Day, adopte une approche sensorielle et brute pour retranscrire le trouble mental de son héroïne. Selon Le HuffPost, chaque son — bourdonnements, cris d’enfant, claquements — devient un assaut sur les nerfs du spectateur, contribuant à l’atmosphère anxiogène du film. Aucun apaisement, aucun diagnostic, aucune issue : Ramsay se garde bien de proposer une explication. Elle laisse simplement le chaos s’installer.
Un rôle-choc pour Jennifer Lawrence
Disparue des écrans depuis Le Challenge en 2023, Jennifer Lawrence revient dans un rôle viscéral qui pourrait bien relancer sa trajectoire vers les distinctions majeures. L’actrice livre une performance d’une intensité bouleversante, à la fois vulnérable et terrifiante. À la conférence de presse relayée par Variety, elle a confié que la maternité avait transformé sa manière d’aborder son métier : « Je ne savais pas que je pouvais ressentir autant de choses. Mes enfants m’ont ouvert au monde, et ça a complètement changé ma créativité. »
Si le film a divisé, certains journalistes quittant la salle avant la fin selon HuffPost, il n’en demeure pas moins un geste de cinéma fort, qui bouscule et fascine. Robert Pattinson, dans le rôle d’un compagnon démuni, incarne à la perfection l’ambivalence entre amour, impuissance et colère. Le huis clos oppressant devient alors le théâtre d’un amour à la dérive et d’une maternité vécue comme une prison mentale.
Avec Die My Love, Lynne Ramsay signe une œuvre âpre et immersive, entre peinture expressionniste et drame domestique. Jennifer Lawrence y est incandescente, et son interprétation pourrait bien faire d’elle une sérieuse prétendante au Prix d’interprétation féminine.