James Cameron fustige la stratégie de Netflix pour les Oscars : « Une arnaque »
James Cameron fustige la stratégie de Netflix pour les Oscars : « Une arnaque »

Le réalisateur d’Avatar s’en prend à la politique de diffusion limitée de Netflix en salles, estimant qu’un film doit mériter sa place aux Oscars en étant pensé pour le grand écran. Une position tranchée qui réactive un débat brûlant à Hollywood.

Un modèle jugé injuste et contre l’esprit du cinéma

James Cameron, invité du podcast The Town animé par Matthew Belloni, n’a pas mâché ses mots. Pour le cinéaste multi-oscarisé, les films diffusés sur Netflix ne devraient pas pouvoir concourir aux Oscars s’ils ne passent pas par une véritable sortie en salle. Il juge insuffisante la stratégie actuelle du géant du streaming, qui se contente souvent d’une dizaine de jours de diffusion dans un nombre restreint de cinémas afin de répondre aux critères techniques d’éligibilité.

Selon lui, pour qu’un film mérite d’être considéré par l’Académie, il doit être projeté dans au moins 2 000 salles et y rester un mois. Il qualifie la méthode de Netflix d’« appât » et va jusqu’à parler d’un système « pourri jusqu’à la moelle ». Une déclaration qui fait écho à ses critiques plus larges sur le fonctionnement actuel des récompenses, qu’il estime détourné de sa vocation initiale : célébrer le cinéma pensé pour les salles obscures.

Ces propos interviennent alors que Netflix s’est imposé comme un acteur majeur dans la course aux Oscars, sans toutefois décrocher à ce jour la précieuse statuette du meilleur film. En dépit de 170 nominations et 26 victoires depuis 2014, des œuvres comme Roma, The Power of the Dog, The Irishman ou Emilia Perez n’ont pas franchi la dernière marche. Le film Train Dreams, sorti le 21 novembre, représente sa nouvelle chance pour l’édition 2026.

Une rivalité industrielle aux enjeux stratégiques

Ce nouveau coup de gueule intervient alors que Netflix envisage de racheter Warner Bros., tout en promettant de respecter la tradition des sorties en salle du studio. Une promesse jugée peu crédible par James Cameron, d’autant que Ted Sarandos, coprésident de Netflix, avait déclaré en avril dernier à Time que « le cinéma traditionnel est une idée obsolète », et que la plateforme était en train de « sauver Hollywood ».

La réponse du réalisateur canadien est cinglante : « Ce serait un désastre. Désolé, Ted. » Il rappelle que son propre film Avatar : de feu et de cendres, prévu le 17 décembre, sortira sur plus de 7 500 écrans aux États-Unis, preuve selon lui que le cinéma en salle reste vivant — et doit le rester.

Netflix n’en est pas à sa première polémique. En 2019, Steven Spielberg avait déjà plaidé pour exclure les plateformes des Oscars, arguant qu’elles produisent des œuvres relevant davantage de la télévision. Une position à laquelle Netflix avait répondu en mettant en avant son accessibilité pour les publics éloignés des cinémas, et en défendant son soutien à la diversité dans le cinéma, notamment à travers des films réalisés par des auteurs issus de minorités, comme Ava DuVernay.

Pour l’heure, l’Académie des Oscars n’a pas modifié ses règles d’admission, notamment après qu’un avertissement du ministère de la Justice américain a rappelé en 2019 qu’un changement risquerait d’enfreindre les lois antitrust. Mais les propos de James Cameron, cinéaste influent et farouche partisan de l’expérience collective de la salle, viennent rappeler que ce débat, loin d’être clos, continue de diviser profondément l’industrie.

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