«Il est manipulateur» : Léa Seydoux dénonce le harcèlement moral d’Abdellatif Kechiche sur le tournage de La Vie d’Adèle
«Il est manipulateur» : Léa Seydoux dénonce le harcèlement moral d’Abdellatif Kechiche sur le tournage de La Vie d’Adèle

Léa Seydoux est revenue, mardi, sur le tournage de La Vie d’Adèle, le film d’Abdellatif Kechiche couronné par la Palme d’or au Festival de Cannes en 2013. L’actrice française, qui partageait l’affiche avec Adèle Exarchopoulos, affirme avoir été marquée par cette expérience. Présente au 79e Festival de Cannes, où elle défend notamment L’Inconnue d’Arthur Harari et Gentle Monster de Marie Kreutzer, Léa Seydoux a évoqué un tournage qu’elle décrit comme traumatisant.

« Des regards qui vous mettent mal à l’aise »

Léa Seydoux situe d’abord le malaise dans la manière dont elle s’est sentie observée et dirigée sur le plateau. « Parfois, il y a des regards qui vous mettent mal à l’aise », explique-t-elle. À propos de La Vie d’Adèle, elle ajoute : « C’était un regard, bien sûr. » Pour l’actrice, ce regard a constitué l’un des aspects les plus pénibles du tournage. 

« C’était une forme de harcèlement moral »

La comédienne va plus loin en qualifiant clairement ce qu’elle dit avoir vécu. « Il est manipulateur, c’était une forme de harcèlement moral », affirme Léa Seydoux. Elle précise que la méthode du réalisateur était destructrice. 

Léa Seydoux reconnaît que la direction d’acteurs implique forcément une forme d’orientation. Elle rappelle que « tous les metteurs en scène dirigent d’une certaine façon pour arriver à obtenir quelque chose ». Mais elle estime que, dans ce cas précis, la limite a été dépassée. « C’est extrêmement dur de tourner avec des metteurs en scène qui sont manipulateurs », dit-elle, avant d’insister : « Mais là, c’était un harcèlement moral et c’était très dur. » 

« Je ne pouvais pas quitter le film »

L’actrice explique aussi s’être sentie enfermée dans le projet. Selon elle, la contrainte contractuelle rendait impossible un départ en cours de tournage. « Je ne pouvais pas quitter le film », affirme-t-elle. Elle détaille : « À partir du moment où on signe un contrat et qu’on est engagé sur un film, on ne peut pas le quitter. » Cette impossibilité de partir aurait renforcé le sentiment de piège décrit par la comédienne. 

Un droit de regard imposé depuis sur les scènes dénudées

Depuis ce tournage, Léa Seydoux dit avoir changé sa manière d’aborder les scènes impliquant son corps. Elle explique demander désormais un contrôle plus strict sur les séquences où elle apparaît dénudée. « Depuis le film d’Abdellatif Kechiche, je veux avoir un droit de regard », déclare-t-elle. Elle ajoute qu’elle accepte ou refuse désormais que son corps soit montré « de cette façon-là ». 

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