“Hurry Up Tomorrow”, le film introspectif de The Weeknd, suscite une pluie de critiques négatives
“Hurry Up Tomorrow”, le film introspectif de The Weeknd, suscite une pluie de critiques négatives

Après l’échec retentissant de sa série The Idol, The Weeknd retente l’aventure de la fiction avec Hurry Up Tomorrow. Mais sa première apparition dans un long-métrage laisse une impression mitigée, voire franchement désastreuse, chez les critiques.

Deux ans après la débâcle cannoise de The Idol, Abel Tesfaye, alias The Weeknd, revient avec une autre œuvre de fiction intimement liée à son parcours personnel. Hurry Up Tomorrow, co-écrit avec le réalisateur Trey Edward Shults, se veut le reflet fictionnalisé de ses angoisses et de sa perte de voix sur scène en 2022. Si le projet se voulait cathartique et ambitieux, son accueil critique est brutal.

Un projet personnel devenu vitrine mal maîtrisée

Inspiré d’un épisode réel survenu au SoFi Stadium, lorsque le chanteur avait interrompu son concert après avoir perdu sa voix, Hurry Up Tomorrow raconte l’histoire d’un chanteur fictif en proie à l’épuisement psychique et aux tourments de la célébrité. Aux côtés de Jenna Ortega et Barry Keoghan, The Weeknd incarne une version alternative de lui-même, à la fois perdue et désillusionnée. Une démarche intimiste, mais jugée trop autocentrée par une grande partie de la presse spécialisée.

Pour Variety, ce film aux allures de thriller musical “tient plus du mea culpa public que d’une œuvre de cinéma”. Le Hollywood Reporter va plus loin, parlant d’“un drame musical insupportablement prétentieux” et d’un long-métrage qui ne serait qu’“une publicité étirée” pour l’album du même nom sorti en janvier. Quant à The Guardian, il note sévèrement le film 2 sur 5 et évoque “une private joke trop obscure et complaisante pour toucher le public”.

Entre fiction thérapeutique et égo-trip mal digéré

Conçu comme une réponse artistique à une crise personnelle, Hurry Up Tomorrow a pourtant été porté par une volonté sincère. Dans plusieurs entretiens, The Weeknd a expliqué son intention : montrer visuellement ce qu’il a ressenti lors de son effondrement sur scène. Il s’est entouré du réalisateur de Waves, Trey Edward Shults, séduit par cette ambition introspective.

Mais cette introspection semble ne convaincre ni sur le fond, ni sur la forme. Le Parisien, présent à l’unique avant-première française au Grand Rex, rapporte une salle déçue et un public désorienté par “un film trop confus et trop narcissique, même Kanye West le serait moins”. Seules quelques scènes échappent aux critiques : une balade nocturne dans une fête foraine, et un moment dansé sur Blinding Lights, jugés plus sincères que le reste du film.

Malgré son casting prometteur et sa bande originale léchée, Hurry Up Tomorrow peine à exister en tant que film autonome. Il laisse une impression d’occasion manquée, comme le résume The Guardian, soulignant que The Weeknd “regrettera peut-être ce film plus qu’il ne le défendra”.

Partager