À Los Angeles comme ailleurs, les zombies, vampires et autres spectres font un retour en force dans les salles obscures. Dans un contexte où les superproductions de super-héros, les suites et les reboots semblent perdre leur attrait auprès du grand public, les studios de cinéma misent désormais sur l’horreur comme levier stratégique pour dynamiser un box-office en perte de vitesse.
Les professionnels du secteur voient dans ce genre longtemps relégué un « sauveur improbable ». Contrairement aux franchises à gros budget, souvent coûteuses et formatées, les films d’horreur présentent l’avantage d’un coût de production modeste, offrant ainsi une rentabilité élevée en cas de succès. Cette souplesse attire également des réalisateurs de renom, en quête de liberté créative et de prises de risque narratives plus audacieuses.
L’horreur bénéficie en outre d’un attrait universel. Ses codes sont compréhensibles à l’échelle mondiale, ce qui en fait un genre particulièrement adapté à l’internationalisation du marché du cinéma. De plus, l’expérience collective du frisson et de la peur, vécue dans l’ambiance feutrée d’une salle obscure, reste difficile à reproduire sur les plateformes de streaming, renforçant ainsi l’intérêt du public pour une sortie en salle.
Les studios américains multiplient donc les productions originales dans ce registre, misant sur des scénarios inédits et des effets psychologiques subtils plutôt que sur le seul gore. Ce virage s’inscrit dans une stratégie plus large visant à renouveler l’expérience cinématographique et à reconquérir un public qui s’est en partie tourné vers les contenus à la demande depuis la pandémie.
Certains succès récents, réalisés avec des budgets de quelques millions de dollars mais engrangeant plusieurs dizaines, voire centaines de millions au box-office mondial, ont conforté les dirigeants d’Hollywood dans cette orientation. Des films comme Smile, Barbarian ou The Black Phone ont prouvé qu’une bonne idée, bien exécutée, pouvait rivaliser avec les blockbusters les plus musclés.
Alors que les grandes franchises peinent à se renouveler et que les spectateurs aspirent à des émotions plus viscérales et immédiates, l’horreur s’impose comme une valeur sûre. Et pour les exploitants de salles, toujours fragilisés par des années de baisse de fréquentation, le frisson semble aujourd’hui un allié précieux pour faire revenir les foules.