Dans son palmarès très attendu des cent films les plus marquants depuis l’an 2000, le New York Times a retenu cinq œuvres françaises. Une reconnaissance rare, dans une sélection dominée par les productions anglo-saxonnes.
Une présence française dans un classement mondial
Le quotidien américain a sollicité plus de 500 professionnels du cinéma – réalisateurs, acteurs, critiques ou producteurs – pour établir une liste des 100 films qui ont, selon eux, le plus marqué les 25 premières années du XXIe siècle. Résultat : des titres mondialement salués comme Parasite de Bong Joon-ho en première place ou Mulholland Drive de David Lynch juste derrière. Et parmi eux, cinq longs-métrages français trouvent leur place, reflétant la diversité du cinéma hexagonal.
Anatomie d’une chute de Justine Triet arrive à la 26e position, couronnant un parcours international exceptionnel pour la Palme d’or 2023. Un peu plus bas, Un prophète de Jacques Audiard (35e) incarne un cinéma social et brut, tandis que Portrait de la jeune fille en feu de Céline Sciamma (38e) s’impose comme un classique féministe et sensoriel. Le Fabuleux Destin d’Amélie Poulain de Jean-Pierre Jeunet (41e), emblème du Paris fantasmé des années 2000, conserve sa portée culte. Enfin, Les Glaneurs et la Glaneuse d’Agnès Varda (88e), documentaire poétique et engagé, témoigne du regard unique de la cinéaste sur les marges.
Un choix subjectif, mais révélateur
Ce classement, bien qu’inévitablement subjectif, reflète les mutations du cinéma contemporain : essor des plateformes, domination des franchises, mais aussi émergence de voix singulières. Parmi les films cités, Eternal Sunshine of the Spotless Mind, réalisé par le Français Michel Gondry, apparaît en 7e position, même s’il ne figure pas parmi les « films français » stricto sensu, du fait de sa production américaine.
La sélection souligne aussi la montée en puissance des réalisatrices françaises, Justine Triet en tête, qui dépasse largement ses confrères masculins dans ce palmarès. Une reconnaissance internationale qui confirme l’impact durable du cinéma français sur la scène mondiale, malgré un contexte souvent défavorable à la diffusion des œuvres non anglophones.