Alice Leroy - C’était un 6 octobre 1927 : sortie du premier film parlant
Alice Leroy - C’était un 6 octobre 1927 : sortie du premier film parlant

Le 6 octobre 1927, à New York, les spectateurs découvrent Le Chanteur de jazz (The Jazz Singer), réalisé par Alan Crosland et produit par la Warner Bros. Ce long métrage, interprété par Al Jolson, entre dans l’histoire comme le premier film parlant à connaître un succès mondial. Avec ses chansons et ses brèves répliques synchronisées grâce au procédé Vitaphone, il bouleverse le monde du cinéma et marque la fin de l’ère du muet.

Une révolution technique et artistique

Jusque-là, les films muets étaient accompagnés en salle par un orchestre ou un pianiste. La Warner Bros, alors en difficulté financière, décide de miser sur une technologie nouvelle : le Vitaphone, qui synchronise la pellicule avec un disque phonographique. Dans Le Chanteur de jazz, la majorité des scènes demeure muette et s’appuie encore sur des intertitres, mais Al Jolson y interprète plusieurs chansons et surtout prononce quelques phrases devenues légendaires, dont : « Attendez un peu, vous n’avez encore rien entendu ». Le film fait sensation auprès du public, ouvrant une ère nouvelle où la voix et la musique deviennent indissociables de l’image.

Le triomphe du parlant et la fin du muet

Le succès foudroyant du film sauve la Warner de la faillite et convainc l’industrie hollywoodienne d’investir massivement dans le parlant. Dès lors, de nombreux studios adoptent la sonorisation, malgré les inquiétudes liées à l’exportation vers les pays non anglophones. Certaines stars du muet, incapables de s’adapter, voient leur carrière s’effondrer, tandis que d’autres, comme Charlie Chaplin, doivent se réinventer. En parallèle, de nouveaux réalisateurs, parmi lesquels Howard Hawks aux États-Unis ou Marcel Pagnol et Sacha Guitry en France, exploitent les possibilités offertes par la parole et la musique.

L’apparition du film parlant ne se réduit donc pas à une prouesse technique : elle transforme profondément le langage cinématographique, l’économie des studios et la relation du public à l’écran. Avec Le Chanteur de jazz, le cinéma entre résolument dans une nouvelle époque, où l’émotion passe désormais par la voix autant que par l’image.

Que retenir rapidement ?

Le 6 octobre 1927, à New York, les spectateurs découvrent Le Chanteur de jazz (The Jazz Singer), réalisé par Alan Crosland et produit par la Warner Bros. C

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