Dans un tonnerre d’applaudissements et une vive émotion, le Festival de Cannes a couronné ce samedi soir Un simple accident, du réalisateur iranien Jafar Panahi, Palme d’or 2025, lors de la cérémonie de clôture présidée par Juliette Binoche. Un choix à la fois artistique et politique, salué comme un geste fort en faveur de la liberté de création, alors que le cinéaste continue de faire face à la répression dans son pays.
Un film sobre et bouleversant
Tourné en clandestinité en Iran, Un simple accident est un drame social épuré qui explore les conséquences d’un banal accident de la route survenu dans une banlieue de Téhéran. Loin des grandes envolées, Jafar Panahi s’attarde sur les micro-détails du quotidien, les silences de la culpabilité, et l’opacité des rapports sociaux dans une société marquée par la peur et la censure. Le film, presque intégralement tourné en plans fixes, suit la descente aux enfers d’un professeur confronté à la machine judiciaire et à la pression communautaire après avoir involontairement renversé un jeune motocycliste.
Le récit, inspiré d’un fait divers réel selon la production, prend vite une tournure kafkaïenne. L’œuvre interroge subtilement les mécanismes de responsabilité, la vérité sous surveillance, et l’anéantissement progressif d’un homme ordinaire. La mise en scène minimaliste renforce la tension dramatique, servie par un jeu d’acteurs d’un réalisme frappant.
Un retour triomphal sur la Croisette
Un simple accident marque le retour de Jafar Panahi en compétition officielle à Cannes, 11 ans après Trois visages (prix du scénario en 2018). Interdit de quitter le territoire iranien en 2010 et emprisonné à plusieurs reprises, Jafar Panahi est devenu malgré lui un symbole de la résistance artistique. Il avait déjà remporté la Caméra d’or à Cannes en 1995 avec Le Ballon blanc.
Avec cette Palme d’or, Jafar Panahi rejoint la prestigieuse lignée des cinéastes sacrés à Cannes, et offre au cinéma iranien sa première Palme depuis Le Goût de la cerise d’Abbas Kiarostami en 1997…