À la veille du Festival de Cannes, Brigitte Bardot a brisé onze ans de silence médiatique en accordant une interview à BFMTV, au cours de laquelle elle a exprimé un soutien remarqué, et controversé, à Nicolas Bedos et Gérard Depardieu, tous deux mis en cause dans des affaires d’agressions sexuelles.
Depuis sa maison de Saint-Tropez, l’ancienne icône du cinéma français a dénoncé ce qu’elle considère comme une « mise au ban brutale » de deux figures majeures du 7e art : « Ce sont des hommes talentueux. Il n’y en a pas tant que ça. Et on les envoie dans le fond du trou pour une main aux fesses », a-t-elle lâché, estimant qu’ils sont aujourd’hui « empêchés de vivre ».
Brigitte Bardot, aujourd’hui âgée de 90 ans, n’a pas caché son hostilité envers le féminisme contemporain. « Le féminisme, ce n’est pas mon truc. Moi, j’aime les hommes », a-t-elle affirmé, balayant le statut de pionnière de la libération des femmes que certains continuent de lui prêter. Elle va même plus loin : « On ne peut pas aimer les hommes et être féministe », tranche-t-elle.
Les faits reprochés à Bedos et Depardieu
Pour rappel, Nicolas Bedos, condamné en octobre 2024 à un an de prison dont six mois ferme pour des gestes déplacés sur deux femmes, a renoncé à faire appel. L’une des plaignantes l’accuse d’avoir mimé un geste sexuel par-dessus son jean lors d’une soirée en boîte. Dans un livre récemment publié, La Soif de honte, il évoque ses démons personnels, l’alcoolisme, et un viol subi dans sa jeunesse.
Gérard Depardieu, de son côté, est poursuivi pour des faits d’agressions sexuelles présumées sur le tournage du film Les Volets verts en 2021. Le parquet a requis 18 mois de prison avec sursis et 20 000 euros d’amende. Le jugement est attendu ce mardi 13 mai. L’acteur reste également sous le coup d’une plainte pour viol déposée par l’actrice Charlotte Arnould, et fait l’objet de nombreux autres témoignages, bien que plusieurs affaires aient été classées sans suite.
Des positions qui divisent
Ce n’est pas la première fois que Brigitte Bardot prend la défense d’hommes accusés de violences sexuelles. En 2018, elle critiquait déjà #MeToo, qualifiant la libération de la parole des femmes dans le cinéma de « ridicule » et « opportuniste ». Deux ans plus tard, elle soutenait Roman Polanski, lui aussi accusé de multiples agressions…