“Alterlove” : errance parisienne et confidences sous les néons
Alterlove

Une nuit, deux inconnus, une ville. Alterlove, le nouveau long-métrage de Jonathan Taïeb, mise sur une promenade nocturne dans Paris pour raconter une histoire d’amour improbable et fugace. Si le charme opère par moments, le film peine à tenir la distance.

Une rencontre impromptue dans la capitale endormie

Jade et Léo ne devaient pas se rencontrer. Elle, fraîchement sortie d’un rendez-vous Tinder raté. Lui, arrivant de nulle part et s’imposant à sa table dans un bar parisien. Ce point de départ banal donne lieu à une dérive improvisée à travers la ville, au fil de conversations légères ou profondes, de lieux insolites et d’instants suspendus. Le scénario de Alterlove, très libre dans sa construction, repose sur cette errance urbaine où chaque coin de rue devient prétexte à un échange, une révélation ou un jeu de séduction.

De la boîte silencieuse à la salle de restaurant plongée dans l’obscurité, en passant par un café musical ou un bar où l’on brise des objets pour se défouler, Jonathan Taïeb multiplie les décors atypiques pour faire émerger les émotions. Ces séquences, parfois poétiques, parfois artificielles, rappellent d’autres films centrés sur l’instant et la parole, à l’image de Une nuit d’Alex Lutz ou des chroniques sentimentales d’Emmanuel Mouret. Mais si Alterlove parvient à recréer une atmosphère intime et vaporeuse, son absence de direction narrative finit par peser.

Un duo d’acteurs intense dans un film aux élans inégaux

Porté par deux jeunes comédiens convaincants, Alterlove trouve sa force dans les regards, les silences et l’alchimie de ses interprètes. Kim Higelin, révélée dans Le Consentement, apporte une douceur mélancolique à son personnage, tandis que Victor Poirier compose un Léo maladroit mais attachant, drôle et vulnérable. Leurs échanges, souvent justes, insufflent une sincérité bienvenue à ce récit aux contours flous.

Visuellement, le film séduit : les jeux d’ombres et de lumières, les néons, la texture sonore travaillée, tout contribue à plonger le spectateur dans une sorte de rêve éveillé. Mais cette esthétique léchée ne suffit pas toujours à compenser l’impression de répétition qui s’installe au fil des séquences. À trop vouloir capturer la magie de l’instant, Alterlove finit par se regarder faire, et se perd dans son propre dispositif.

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