Le Festival Lumière a couronné vendredi soir le cinéaste américain Michael Mann, 82 ans, en lui remettant le Prix Lumière 2025, qui distingue chaque année une grande figure du septième art. L’auteur de Heat et Collateral a reçu sa récompense des mains d’Isabelle Huppert, lauréate de l’an dernier, lors d’une cérémonie émouvante au Théâtre des Célestins, à Lyon, berceau du cinéma.
Un hommage à un maître du style et de la rigueur
« Merci de continuer à nous surprendre, de nous déranger, pour votre œuvre exigeante, lyrique, sensuelle », a déclaré Isabelle Huppert en lui remettant le prix, sous les applaudissements nourris du public. Michael Mann succède ainsi à des cinéastes légendaires tels que Clint Eastwood, Martin Scorsese, Francis Ford Coppola, Pedro Almodóvar ou Jane Campion.
Le réalisateur de Heat (1995), où il réunissait pour la première fois à l’écran Al Pacino et Robert De Niro, est salué pour son approche visuelle unique et son exigence formelle. En quatre décennies de carrière, il a façonné un cinéma à la fois nerveux et introspectif, où les figures d’hommes solitaires – qu’il s’agisse du braqueur méticuleux de Thief, du boxeur de Ali (2001) ou du pilote automobile de Ferrari (2023) – révèlent la part d’ombre de l’Amérique.
Dans une masterclass donnée plus tôt dans la journée, Michael Mann est revenu sur son parcours, évoquant ses débuts dans les années 1970 et son admiration pour la France, pays où il a découvert Mai 68 en couvrant les événements pour NBC News. Il a également confirmé être « en négociation » pour le tournage de Heat 2, adaptation de son roman publié en 2022.
Le Festival Lumière, rendez-vous mondial du cinéma de patrimoine
Créé en 2009 par Thierry Frémaux et l’Institut Lumière, le Festival Lumière rend hommage chaque année à des figures marquantes du cinéma mondial. L’édition 2025 a rassemblé de nombreuses personnalités, parmi lesquelles Sean Penn, Natalie Portman, Guillermo del Toro, Costa-Gavras, Juliette Binoche, ou encore Alain Chabat.
Plus de 150 films restaurés ont été projetés durant huit jours dans les salles de la métropole lyonnaise, accompagnés d’expositions et de rétrospectives. L’événement rappelle la vocation première de Lyon, ville natale du cinématographe inventé par les frères Lumière en 1895 : célébrer la mémoire vivante du cinéma.
Sous les applaudissements du public, Michael Mann a salué ce festival qu’il a décrit comme « une fête incroyable qui humanise le travail des cinéastes ». Une ovation à la hauteur d’un auteur dont la rigueur esthétique et la modernité ont profondément marqué le cinéma contemporain.