Rachida Dati
Politique Paris (VIIe), le 13 février 2024 Neuf anciens ministres rejoignent les bancs de l’Assemblée Nationale. L’ex-Première ministre, Élisabeth Borne, Olivier Dussopt, Olivier Véran, Clément Beaune reviennent au Palais Bourbon. Ici Rachida Dati, ministre de la Culture Photo LP / Fred Dugit

À la veille de la Journée internationale des droits des femmes, la ministre de la Culture Rachida Dati a présenté, vendredi 7 mars, un plan 2025-2027 visant à renforcer la lutte contre les violences et le harcèlement sexistes et sexuels dans le secteur culturel. Ce dispositif ambitionne de briser la loi du silence qui empêche encore de nombreuses victimes de dénoncer les abus, par crainte des répercussions sur leur carrière. « Trop de victimes hésitent encore à parler, à porter plainte, redoutant les conséquences sur leur vie professionnelle ou artistique », a souligné la ministre lors de son annonce, relayée par l’AFP.

Ce plan repose sur quatre axes majeurs : renforcer la prévention et la formation, faciliter le signalement des faits, agir plus rapidement face aux abus, et améliorer l’accompagnement des victimes. Il s’appliquera à des domaines jusqu’ici moins concernés par ces mesures, comme le patrimoine, les musées et l’archéologie préventive. Parmi les mesures phares, la conditionnalité des aides publiques aux structures culturelles sera étendue aux festivals de cinéma et aux labels culturels. De plus, la cellule d’écoute psychologique et juridique, gérée par Audiens depuis 2020, bénéficiera d’un élargissement de ses horaires d’ouverture, d’une meilleure communication auprès du secteur du jeu vidéo et d’un soutien accru pour aider les victimes à déposer plainte.

Un volet particulier est consacré à la protection des enfants dans l’industrie du spectacle. Rachida Dati a évoqué l’idée d’introduire un “responsable enfant” dans le spectacle vivant, sur le modèle de ce qui existe déjà dans l’audiovisuel et le cinéma. Une concertation interministérielle sur le sujet sera engagée. Cette annonce intervient alors que la commission d’enquête de l’Assemblée nationale sur les violences dans la culture, présidée par Sandrine Rousseau (Les Écologistes) et rapportée par Erwan Balanant (MoDem), doit rendre son rapport le 9 avril. Parmi les auditions, celle de l’actrice Judith Godrèche a marqué les esprits, avec ses accusations de viols contre les réalisateurs Benoît Jacquot et Jacques Doillon, des faits qu’elle dit avoir subis à l’adolescence. Les deux hommes contestent ces allégations et une enquête est en cours, selon l’AFP.

Avec ce plan, le ministère de la Culture veut imposer un cadre plus strict aux acteurs du secteur pour prévenir ces violences et garantir une meilleure prise en charge des victimes. « Il ne doit plus y avoir d’impunité », a insisté Rachida Dati, affirmant sa volonté de transformer les engagements en actions concrètes.

Partager