Avec Mountainhead, Jesse Armstrong, le créateur de Succession, livre un premier long-métrage à l’humour grinçant, centré sur une poignée de milliardaires de la tech réunis dans un chalet de l’Utah. Portée par un quatuor d’acteurs solides, la satire mêle tension psychologique et critique sociale, sur fond de crise provoquée par l’intelligence artificielle. Le film est disponible sur la plateforme Max depuis le 1er juin.
Quatre figures de la Silicon Valley confrontées à leurs propres limites
Le point de départ du film est simple : un week-end annuel de poker entre quatre amis ultra-riches, tous à la tête d’entreprises numériques d’envergure mondiale. Mais cette année, l’un d’eux se retrouve au cœur d’une catastrophe planétaire causée par une IA développée par sa société. Alors que les marchés s’effondrent et que le monde extérieur vacille, les masques tombent, et les alliances se fissurent.
Dans un décor isolé et glacé, les personnages s’affrontent verbalement, entre cynisme, paranoïa et orgueil démesuré. Jesse Armstrong, fasciné par le pouvoir que détiennent ces figures, s’est abondamment documenté sur leur univers. Il a expliqué lors du Hay Festival, selon la BBC, qu’il s’était inspiré de nombreuses interviews et podcasts de personnalités comme Elon Musk, Mark Zuckerberg ou Sam Altman. Il y a puisé le vocabulaire et la posture de ces leaders, pour mieux en révéler les contradictions.
Une création rapide, ancrée dans les enjeux contemporains
Le film a été écrit, tourné et monté en un temps très court : moins de six mois entre l’idée et la diffusion, selon ce qu’a confié Armstrong au Financial Times. Une volonté assumée de capter l’urgence des débats actuels sur l’intelligence artificielle et la concentration de pouvoir entre les mains d’une minorité.
Mountainhead ne traite pas uniquement de richesse : il questionne surtout la manière dont le pouvoir technologique influe sur la société. Armstrong revendique cette obsession dans ses interviews : ce qui l’intéresse, dit-il, c’est « de comprendre qui décide vraiment de la forme que prend notre monde ».
Avec ce film, il prolonge les thématiques abordées dans Succession, mais en les transposant dans l’univers numérique. Si la complexité psychologique y laisse parfois place à la caricature, Mountainhead reste une œuvre corrosive, où les fortunes colossales pèsent moins que les décisions individuelles — parfois absurdes — de ceux qui les détiennent.